Parmi les nombreuses inepties que peuvent sortir les anti-prostitution, il y a celle ci : Les personnes qui se lancent dans la prostitution le font parce qu’elles ont des problèmes d’ordre psychologique et sociales.
Les prostituées, dans une grande majorité, travaillent dans ce secteur d’activité d’abord pour l’argent. Il est probable qu’une grande part des prostituées en exercice ont choisi cette voie là en comparant le pour et le contre avec d’autres possibilités professionnelles et que la plupart d’entre elles n’avaient pas la possibilité de s’assurer la même qualité de vie avec d’autres métiers. Certaines ont aussi été attirée par l’industrie du sexe et ont choisi ce secteur par goût. Cela surprend toujours les anti-prostitution quand une prostituée leur affirme qu’elles préfèrent travailler dans l’industrie du sexe plutôt que dans la banque, dans des supermarchés ou dans des centres d’ appelle téléphoniques. Et encore plus quand elles osent affirmer que le métier est enrichissant. La marginalité qu’implique la prostitution en France, l’exclusion sociale, la difficulté du travail de rue, etc., sont mis en balance avec les revenus que procurent ce travail et la liberté qu’il y a en comparaison d’un travail salarié. Certaines ont des projets à moyen ou long terme et ne se prostituent pas de gaieté de coeur, mais font cet effort pour pouvoir faire autre chose à coté ou plus tard. Si on pénalise la prostitution parce que les personnes qui l’exercent ne sont pas passionnées par leur métier et même ambitionnent de le quitter un jour, alors il faut pénaliser une très grande part des emplois qui existent.
Pour les anti-prostitution, il faudrait que la prostituées soit une personne ravie de coucher avec toutes sortes d’inconnus pour que cette profession soit reconnue comme légitime. Et encore. Les anti-prostitution refusent de considérer la prostituée comme une personne responsable ayant eu a faire des choix d’adultes, sa tendance à l’infantiliser (qui peut être explique leur obsession pour la prostitution juvénile) et à la victimiser sur sa condition sociale (même quand la prostituée a une « vie bourgeoise ») est une façon de nier que la prostituée peut avoir le contrôle de son destin, peut par exemple se servir de la prostitution comme d’un tremplin social (nombreux cas d’anciennes prostituées reconverties dans un « commerce convenable » et/ou propriétaire de leur logement, ce qu’un autre job ne leur aurait bien souvent pas permis de réaliser.), des personnes qui font des choix, ont des initiatives, élaborent des plans de carrière, ont des ambitions et des envies que la prostitution leur permet d’assouvir, etc. Ils ne peuvent non plus imaginer que la prostituée puisse tirer une quelconque satisfaction professionnelle autre que pécunière. Que la prostituée puisse tirer une fièreté à « vivre de ses charmes », trouver son métier ludique, être satisfaite de satisfaire ses clients, avoir des relations amicales avec certain d’entre eux et même de la tendresse, considérer son travail comme artistique ou thérapeutique, etc. Tout cela n’est que légende pour eux, et quand une prostitue l’affirme, elle ment et se ment à elle même. Il n’y a ni respect des choix personnels, ni des motivations, ni des satisfactions, ni du métier de la prostituée. L’anti-prostitution une fois de plus déshumanise la prostituée, qui devient une entité dépourvue de désir, comme une plante soumise au climat, bonne qu’à subir.
Au delà de la question économique qui a poussé de nombreuses femmes vers la prostitution contre leur grès, des anti-prostitution affirment aussi que les prostituées sont majoritairement victimes de toutes sortes de névroses. L’argument psychiatrique pour expliquer les dérives des déviants est une vielle tradition totalitaire, surtout quand il s’agit de chasser les sorcières et tous les opposants. Sorcières qui dans le monde contemporain pétris d’humanitaire et de « psychologisme », est victime de démons intérieurs incontrôlables, démons intérieur que la psychanalyse sait très bien décrire : Hystérie, problèmes d’oedipe non résolu, abus sexuels refoulés ou sublimés, etc. Toujours est il que la prostituée, selon l’anti-prostitution, a été poussé malgré elle, à cause de son subconscient, lui même modelé par son environnement. Les anti-prostitutions sont friands de toutes sortes de théories déterministes : On est prostituée parce qu’on né femme, parce qu’on est esclave, parce que le monde libéral/libertaire pousse vers la prostitution, parce qu’on est tombé sur un proxénète, parce que l’on est victime de toutes sortes de névroses ayant comme origine des abus sexuels, etc. Pas question d’imaginer un instant que les personne aient utilisé leur libre arbitre. La prostituée subit, systématiquement, il ne peut pas en être autrement puisque une personne qui se prostitue n’est plus, pour eux, tout à fait humaine.
Et quand une femme dit, scandaleusement pour eux, que le métier lui a permis de se réaliser intérieurement, par exemple de se découvrir désirable, de se découvrir comme pouvant contrôler les hommes, de renouer avec sa féminité, d’expérimenter son sens du défi ou de régler certaines souffrances intérieur, cela ne peut être que mensonge, ou alors de la sottise. Pour eux, fondamentalement, les individus ignorent ce qui leur est bon ou mauvais, « pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Les prohibitionnistes effectuent un dépeçage systématique de l’identité de la prostituée. Ils ne voient en elle qu’une accumulation de problèmes. Ses choix n’ont aucune légitimité, ils ne peuvent pas être des choix économiques et sociaux librement consentis, elle n’obtient pas de satisfaction réelle, elle utilise une mauvaise stratégie de vie, son métier n’en est pas un, son savoir faire est inexistant, la pseudo fièreté professionnelle qu’elle peut afficher est biaisée, limite indécente, ce qu’elle fait est déterminé par toutes sortes de névroses, elle ne peut pas se développer personnellement, si elle l’affirme c’est faux, on ne peut pas lui laisser la responsabilité de ses actes, etc. Le prohibitionniste croit profondément que dès lors qu’on se prostitue, on appartient à une sous espèce.
Deniers commentaires