Regard sur la prostitution Suisse : Un tenancier de sauna érotique ne suit pas la rêgle, il va en prison
dec 19

Plusieurs milliers d’étudiantes auraient recours à la prostitution pour financer leurs études. Souvent escort girls, elles gagnent autour de 200 euros de l’heure.

Si le phénomène n’est pas nouveau, Internet lui donne aujourd’hui une nouvelle dimension.
Etudiantes le jour, “courtisanes” la nuit. Un mythe dites-vous ? Sacha Love (1) a 33 ans. Elle est étudiante en licence de droit à Montpellier et rêve de devenir avocate. Ces études tardives sont pour elle une revanche sur la vie. Sortie du système scolaire sans le bac, elle se dirige alors vers l’hôtellerie. Mais rapidement, un gros besoin d’argent la pousse à accompagner des hommes dans des soirées moyennant finances. “Dîners d’affaires, tête à tête au restaurant, évènements culturels, rendez-vous complices et inavouables… Je serai votre compagne idéale“, vante la jeune femme sur son site Internet. Sacha Love devient ce qu’on appelle une escort girl. Quelques années plus tard, grâce à l’argent mis de côté, et parce qu’elle voulait reprendre son avenir en main, elle décide de s’inscrire à l’université. “S’il n’y avait pas l’escort, je ne pourrais pas faire d’études“, assure la jeune femme. “Avec un boulot payé au Smic, ça ne suffirait pas.“

Si Sacha Love n’est pas une exception sur les bancs des facs, difficile toutefois de savoir combien sont ces étudiants qui vendent leurs charmes, que ce soit par manque d’argent, par fantasme, ou par goût du luxe. “Entre un pour cent et un pour mille“, assure Jean-Sébastien Mallet, délégué général de la fondation Scelles (2). Entre 2000 et 20.000 étudiants pourraient donc être concernés, principalement des femmes. “Mais ce n’est pas nouveau“, explique Anne-Marie Ledebt, responsable en Loire-Atlantique du Mouvement du Nid, une association qui milite pour une société sans prostitution. La cause de ce basculement ? “Un problème d’argent précis ou bien une opposition profonde à sa famille“, ajoute Monique Chon, psychothérapeute auprès de l’association D’une rive à l’autre. “Mais si toutes disent qu’elles le vivent bien, elles ont peur d’être violentées ou de tomber sur une personne malade.”

“Pas sur le trottoir”

La nouveauté, c’est Internet. Eva Clouet, étudiante en sociologie à Nantes, l’a mis en lumière dans son mémoire de master consacré à la prostitution étudiante (3). Elle y montre que plus que des prostituées, les étudiantes qui vendent leurs charmes sont des escort girls, de jolies filles, qui accompagnent des hommes à des dîners, dans des soirées, et qui souvent les aident ensuite à s’endormir… “Les étudiantes ne se prostituent pas sur le trottoir“, assure Anne-Marie Ledebt. Forums de discussion, sites d’annonces, pages personnelles. Les moyens sont nombreux sur le net pour qui veut monnayer sa compagnie. “Je consultais les petites annonces pour tout autre chose, puis la catégorie adulte m’a intriguée et j’ai lu les annonces de mecs cherchant une escorte“, raconte Franchisedirecte sur un de ces forums de discussion. “J’avais besoin de sous pour mes cours, donc j’ai fini par poster mon annonce, et voilà.“

Sur leurs annonces, beaucoup n’hésitent pas à signaler qu’elles sont étudiantes. “C’est vendeur”, assure Monique Chon, qui ajoute que les clients, “des hommes qui ont de l’argent“, espèrent ainsi passer la soirée en compagnie d’une jeune femme qui a de la conversation, de la culture. L’argument séduit à tel point qu’il est même souvent utilisé par des jeunes femmes, qui n’ont en fait rien d’étudiantes.

“L’avantage d’Internet, c’est que c’est anonyme“, précise Sacha Love. Selon Monique Chon, les jeunes femmes prennent en effet beaucoup plus de précautions que ne le font les prostituées “des rues”. Entretiens téléphoniques avec les clients avant la rencontre, fidélisation des clients… “Ces jeunes femmes sont apparemment toutes seules“, et non sous l’emprise de proxénètes, ajoute Monique Chon. Un argument qui laisse toutefois sceptique Anne-Marie Ledebt. “Ce serait étonnant que les proxénètes ne viennent pas sur un marché aussi juteux qu’est Internet“, précise-t-elle.

1500 euros la nuit

Avec Internet, la prostitution étudiante est en tout cas beaucoup plus occasionnelle. Car on est loin des tarifs qui se pratiquent sur les trottoirs des grandes villes. Les escort girls demandent en effet autour de 200 euros de l’heure, 1500 euros la nuit. “Avec le web, on trouve beaucoup de prostituées qui ont deux ou trois clients par semaine, avec des prix très élevés, et qui donc ne rentrent pas complètement dans la prostitution“, souligne François Rigal, porte-parole de l’Institut national de la prostitution, qui n’estime pas pour sa part que la prostitution étudiante est plus importante qu’ailleurs.

Quoi qu’il en soit, ces escort girls se définissent avant tout comme étudiantes. “Il m’arrive de refuser des soirées lorsque je n’ai pas fini de réviser“, explique par exemple Sacha Love, qui assure couper son téléphone portable dédié à l’escorting lorsqu’elle franchit la porte de l’université. Et toutes, ajoute Monique Chon, disent qu’elles arrêteront un jour. Pour Sacha Love, ce jour sera celui où elle intègrera l’école d’avocat. Une page se tournera alors. La jeune femme pourra désormais se tourner vers l’avenir, retrouver une vie privée, et surtout se battre “pour que des enfants victimes d’abus sexuels ou de violences ne se retrouvent pas sur le web ou à passer une petite annonce dans la presse pour vendre leurs charmes, par oubli du respect de leur corps“.

1. Pseudonyme que la jeune femme se donne pour parler de son activité d’escort girl. Elle raconte son histoire dans un livre intitulé Une courtisane à la fac, éditions Alban, octobre 2007.

2. La fondation Scelles a créé avec le ministère de la jeunesse et des sports un site Internet visant à sensibiliser les jeunes aux risques de prostitution, http://www.passe-passe.org/.

3. Son étude sera publiée en janvier sous le titre La prostitution étudiante à l’heure des technologies de l’information, éditions Max Milo.

http://tf1.lci.fr/infos/france/societe/0,,3652778,00-etudiante-propose-compagnie-pour-soiree-coquine-.html

 

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Une seule réponse à “L’ INP citée sur LCI”

  1. Marie Dit:

    Bonjour,

    je suis étudiante en journalisme et je réalise une enquête sur la prostitution étudiante. Je suis à la recherche de témoignages d’étudiant(e)s se prostituant, mais aussi de clients. Confidentialité assurée.

    Vous pouvez me contacter à ma.suquet@gmail.com
    Merci d’avance.

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