Voilà comment sont traités les prostituées et leurs clients en Chine : Exposé à la foule, humiliés publiquement.
En suivant la prostitution dans le monde pour alimenter iprostitution.org, nous sommes amenés à découvrir chaque jour de nouvelles facettes de cette profession, à mieux la comprendre, et même à mieux comprendre les sociétés en observant la manière dont elles traitent leurs prostituées et leurs clients.
Jusqu’à présent, nous évitions de parler de la prostitution des pays dont le système est très éloigné du système français. Non pas que nous nous en désintéressons, mais la manière dont se passe la prostitution dans un pays en voie de développement, dans des états islamiques, dans des dictatures militaire ou communistes, dans des pays en guerre, etc. ne nous permet pas d’ obtenir des points de comparaisons pour comprendre ce qui se passe chez nous. Il est possible de voir ce qu’il est possible de faire et de déterminer des tendances qui nous touchent en observant les USA, l’ Allemagne, le Japon, la Lettonie, la Suède et même le Brésil ou la Thaïlande, moins en observant ce qui se passe au Cambodge, en Birmanie, au Niger, en Inde, à Madagascar ou en Arabie Saoudite, tant la situation sociale, économique, culturelle, politique, etc. est différente.
Cependant, il est possible de faire un certain nombre de corrélation et observer les types de sociétés en se basant uniquement sur la manière dont les États traitent la prostitution.
Il y a dans le monde des pays où l’ État se donne comme mission de « combattre la prostitution ». Quand je dis « combattre la prostitution », la question n’est pas celle de l’esclavage, la pédophilie, l’exploitation en général. On est d’accord sur ce point, d’ailleurs, beaucoup d’Etat à la pointe de la lutte contre la prostitution, comme la Chine ou les pays du Golf, sont aussi à la pointe des déviances en question. Enfin bref. Il y a simplement, dans le monde, un certain nombre d’ État qui estiment que la prostitution en tant que telle est « mal » sous divers prétextes toujours différents, et la combattent, avec l’espoir un jour de la faire disparaître.
Ces pays, on les connaît, et on connaît leur méthode :
Les USA où des fliquettes sont chargées de racoler des clients, des sites web de shérifs qui affichent le visage et l’identité de prostituées et clients, des émissions de télé-réalité où sont piégés clients et prostituées pour être diffusés à visage découvert sur les grandes chaînes, etc. Personnellement, tout ce que je déteste dans les dérives de l’Amérique se trouve résumé dans leur manière d’aborder la prostitution. Puritanisme, flicage, trash-TV… Tout y est.
Les pays du golf où pas une semaine ne se passe sans qu’on reçoive une nouvelle sur une fille fouettée ou emprisonnée.
La Chine où clients et prostituées se retrouvent dans des procès publics sur le même modèle que les procès du Maccartisme ou de Moscou.
Le Vietnam et le Laos qui envoient les prostituées dans des « camps de rééducation ».
Les pays du Maghreb où toutes les semaines nous parviennent des histoires de corruption et de violence, les prostituées étant à la merci de la police, et où invariablement c’est la prostituée qui fini derrière les barreaux.
Etc.
Et puis il y a le cas de la Suède qui pénalise le client. Le cas Suédois où la lutte contre la prostitution ne ressemble pas à du totalitarisme. Un pays dont tout le monde se fout éperdument parce qu’il n’a rien à offrir exceptés quelques produits design, mais qui fascine certains politiques épatés par ce peuple le plus taxé du monde qui se contente pour protester de battre les records de suicide, peuple qui ne pense qu’à déguerpir du pays dès que trois jours de congés se présente, peuple qui se refuse à toutes folie, pétri de moral protestante, absolument dépourvu d’humour, de joie de vivre et d’idée de révolte. Pays riche et démocrate, et pourtant… qui voudrait être né Suédois? Qui ?! Y a t’ il ne serait ce qu’ 1% de la population qui voudrait vivre à la Suédoise ? La Suède une référence ?! Mais enfin, de qui se moque t’ on ?
Ce que l’ Amérique, les pays musulman, les pays communistes ou alors la Suède ont en commun de détestable, c’est “la lutte contre la prostitution”. Cette “lutte contre la prostitution” qui est un indice majeur sur le degrès de liberté qu’accorde un Etat au peuple et par conséquense, le degrès de bien être de la population. Rien qu’en observant le facteur prostitution, je sais que l’ Espagne est plus libre que la France, la Thaïlande plus libre que le Vietnam, l’ Allemagne plus libre que la Suède, etc. Et si je continue la comparaison, je peux dire que le Cuba communiste est plus libre que la Corée communiste ou que le Maroc est plus libre que l’ Egypte, simplement parce que d’un côté il y a des Etats qui tolèrent la prostitution, et de l’ autre des pays qui la combattent. Et celui qui oserait affirmer le contraire, par exemple, qu’on se sentirait moins libre en Espagne qu’en France , moins libre à Cuba qu’en Corée du Nord, moins libre en Allemagne qu’en Suède, etc. est de mon point de vu quelqu’un qui mériterait de s’offrir un tour du monde ou de lire plus de livre. Quand un Etat se met en tête de lutter contre la prostitution, c’est très, très mauvais signe.
Il n’y a pas encore marqué dans la loi Française qu’une des missions de l’ État est de « combattre la prostitution », mais juste le proxénétisme et le désordre public. Si au pays des droits de l’homme le législateur s’est refusé jusqu’alors à écrire noir sur blanc que la prostitution devait être combattue, ce n’est pas pour rien.
Cependant, les pouvoir publics savent interpréter les textes à leur manière. Et c’est comme ça qu’un juge de Nice pour justifier la pénalisation des client, dit qu’ il s’est donné comme mission de « combattre la prostitution ». C’est comme ça que des députés interviennent à l’assemblée en proposant tel ou tel projet de loi ou telle question, avec comme argument « le combat contre la prostitution » (et pas contre le proxénétisme, nuance). C’est comme ça que les associations s’occupant de la prostitution les plus influentes sur l’ État se donnent comme principales mission d’ « abolir la prostitution ». C’est comme ça que le Parti Socialiste, dans son projet présidentiel, propose de pénaliser les clients, parce qu’il faut « abolir la prostitution ». C’est comme ça qu’un ministre de l’intérieur justifie les tracas fait aux prostituées, pour « lutter contre la prostitution ». C’est comme ça que des policiers de la BRP passent leur temps à essayer de coincer des gens que personne, parmi les gens du peuple, ne qualifierait de proxénète, puisque le mot « proxénète » dans le code civil n’a plus la même définition que celui du dictionnaire ni du langage courant.
Nous ne sommes plus très loin de ce qui se fait aux USA, en Chine, au Vietnam et ailleurs, le « combat contre la prostitution ». Le dernier garde fou est finalement la loi, et même peut être la Constitution Française qui, peut être, n’admettrait pas que l’ État se donne le droit de juger si la prostitution est une chose bonne ou mauvaise en soi. Mais c’est un garde fou bien fragile dans la France contemporaine où le domaine de la prostitution est sujet à toutes les interprétations. Ce que l’observation du monde nous apprend, c’est que lorsque l’ État se donne comme mission de « combattre la prostitution », alors nous ne sommes pas loin des pratiques totalitaires. Y a t’il pire domaine de non droit, de non reconnaissance sociale, de mise en difficulté d’un secteur d’activité, de stigmatisation sociale basée sur un métier ou une pratique sexuelle que celui de la prostitution, qui est pourtant encore une pratique légale en France ?
S’il y a une corrélation entre le totalitarisme et la lutte contre la prostitution, comme je le crois, alors la France est sujet à bien des inquiétudes.
Derniers commentaires