dec 31

Que retenir de cette année 2007 ? Si nous devions retenir 10 faits, nous choisirions ceux là :

1 Tout d’abord, la naissance de iprostitution.org en mai 2007. Site devenant rapidement une référence du web sur le sujet. Au bout de 8 mois, nous avons su nous hisser en haut des moteurs de recherche d’information, nous sommes aujourd’hui visités par environ 1000 personnes par jour, nous devenons un outil incontournable pour les journalistes, étudiants, chercheurs, membres associatifs, prostituées, clients, et tous les esprits curieux qui veulent trouver de l’ informations sur cette activité. Grâce à un travail soutenu et quotidien, nous avons pu compiler toutes les informations disponibles sur la prostitution afin de mieux connaître l’état du secteur. iprostitution.org est donc un magazine web à la fois culturel, d’information, d’opinion, et il peut aussi être considéré comme un magazine professionnel, destiné aux prostituées, pour qu’elles s’informent sur l’état de leur secteur. Ce magazine s’est imposé sur le web à un moment où les « abolitionnistes » avaient une sorte de monopole de la parole, et c’est d’ailleurs en réaction contre leur mainmise sur la diffusion de l’information qu’a germé l’idée de créer iprostitution.org. Quand nous cherchions des informations sur le sujet, nous atterrissions systématiquement sur une de ces association « luttant contre la prostitution », dont la spécialité est de réclamer des subventions pour pondre toutes sortes de rapports démontrant que la prostitution est un fléau social et humanitaire. Il y avait manifestement un tronquage de l’information, qui était bien souvent reprise telle quelle par les médias, qui n’avaient comme seuls interlocuteurs que ces professionnels de l’ anti-prostitution. Nous avons choisi de notre côté de répercuter toutes les informations disponibles, même celles très orientée anti-prostitution, qu’il nous arrive de commenter. Nous avons aussi choisi un positionnement « réglementariste », tout simplement parce que l’on n’a rien « contre » la prostitution. Nous sommes contre l’esclavagisme, contre l’exploitation, contre les violences physiques et sociales, contre les pratiques totalitaires, contre l’exclusion sociale forcée, contre les excès de surveillance de la population, et contre bien des principes, mais nous n’avons rien à reprocher à la prostitution en tant que telle.

2 L’évènement 2007 est aussi, bien évidement, l’accession à la présidence de la république de Nicolas Sarkozy. Créateur de la désormais célèbre LSI (Lois sur la Sécurité Intérieure) votée en 2003, cette loi a amplement criminalisé la prostitution, en particulier en prohibant toutes les formes de racolages. Il est depuis cette date interdit de tapiner en France. Face au candidat Sarkozy, il y avait Ségolène Royale, autre grande pourfendeuse de la prostitution, qui avait inscrit la pénalisation du client dans son programme. Il est désormais clair que le système politique Français classique est tout acquis à la cause abolitionniste, qu’il y a aujourd’hui le choix entre la peste et le choléra, c’est à dire, entre les brimades faites aux prostituées et les brimades faites à leurs clients, et que personne, au sommet de l’ État, ne semble prêt à ouvrir le débat sur une réglementation du secteur.

3 Autre événement 2007, la guerre contre le client qui commence à s’engager en France. Interprétant la prohibition du « racolage passif » à leur manière, juges et policiers commencent à distribuer les amendes et lancent des procès contre des clients qui ont eu la mauvaise idée de solliciter les services de prostituées. Le coup d’éclat du juge Montgolfier à Cannes, suivi de l’absence de débat de société sur un tel sujet, démontre que le système a depuis longtemps choisi son camps et qu’il ne compte pas demander son avis à la population.

4 L’année 2007 a aussi été marqué par le procès de Madame Agnès à Bordeaux. Cette prostituée qui organisait des parties fines chez les notables locaux n’a donné aucun noms de ses supposés clients célèbres et très en vue dans la ville. Ouf !

5 On est encore loin, quand il s’agit de s’en prendre aux élites sociale, de ce qui s’est passé à Washington, où la Madame Claude du coin, accusée de proxénétisme, s’amuse à balancer à la presse les membres du congrès appartenant à sa clientèle. En France, on aime bien imiter les USA, sauf quand ça devient embarrassant pour les puissants.

6 L’année 2007 fut aussi marqué par le « phénomène de la prostitution étudiante », rumeur montée de toute pièce par les abolitionnistes, sur le thème « la prostitution pervertie notre jeunesse ». Rumeur reposant sur des rapports bidons, repris par l’ensemble de la presse et à aucun moment démenti.

7 Nous retenons aussi de cette année 2007 la tendance lourde qu’ont eu les médias de s’ intéresser à la prostitution Belge. Il semblerait que les médias découvrent que les bordels n’ont pas été aboli partout dans le monde en avril 1946. Il est surprenant que les médias s’ intéressent de si près au cas Belge. Et pourquoi pas à ce qui se passe en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas, en Suisse, en Autriche, en Espagne, etc… Comme si le système Belge était une exception, alors que c’est le système Français qui en est une. Tous nos voisins, sauf l’ Italie, autorisent les bordels, les salons de massage sensuels, les bar à filles, etc. Peut être que les médias Français se trouvent plus à l’aise pour faire la leçon à leur voisin Belge, toujours traité avec un peu de condescendance dans nos contrées, alors qu’aller expliquer que les Danois, les Suisses ou les Allemands n’ont pas atteint notre haut degrés de civilisation serait peut être un tantinet risible.

8 L’année 2007 fût aussi marquée par « l’affaire des CRS violeurs ». Cette bande de ripoux couchaient gratuitement avec des prostituées roumaines en échange de « leur protection ». Le procès révéla que ces CRS ne se rendaient pas bien compte de la gravité des faits.

9 L’évènement 2007 fût aussi l’annonce de la fermeture progressive du quartier rouge d’ Amsterdam. Quartier existant depuis la Renaissance, c’était un des symboles de la liberté d’ Amsterdam. Les vitrines seront remplacées par des boutiques pour bobo, ainsi en a voulu le maire de la ville. Un pan de l’histoire européenne disparaît.

10 Enfin, événement de 2007, la manifestation de prostituée contre les lois sur le racolage passif, qui a été un petit événement médiatique puisque pour la première fois depuis très longtemps, on s’est enfin intéressé aux conditions de travail des prostituées, et notamment, de leur exclusion de la cité, et d’une manière générale, de l’ exclusion sociale dans laquelle la loi les plonge.

Voilà ce que nous retiendrons de 2007, parmi des centaines de faits. Mais nous retiendrons aussi une « vision d’ensemble » du secteur, où de multiples indices nous indiquent que la « lutte contre la prostitution » se fait au détriment de citoyens honnête, qui n’ont rien de « délinquants ». L’ essentiel des affaires de proxénétisme dont la presse parle sont dépourvues de contraintes. C’est ce que nous apprend la lecture assidue des faits-divers. Des hôteliers professionnellement foutus pour avoir loué une chambre, des conjoints de prostituées envoyés derrière les barreaux alors que leur compagnes clament qu’elles sont volontaires, des hommes attaqués par l’ État qui se retrouvent dans un tourbillon judiciaire ruineux, traumatisant, pour avoir rendu de menus services à une prostituée, comme la conduire sur son lieu de travail ou avoir réalisé sa page web, des gérants de salons de massage qui ne prennent pas un euro sur les prestations sexuels se retrouvent ruinés et interdit de gérer une entreprise, des libertins qui organisent des soirées payantes qui se retrouvent affublés du qualificatif de « proxénète », des patrons de bar à hôtesse qui laissent leurs employées à aller plus loin avec le client sans prendre un euro sur le prix de la prestation sexuelle qui sont laminés par le système judiciaire, ou le cas de cette personne âgée à qui on confisque le peu qu’elle a, un camping car et 4000 euros d’économie, parce que sa femme se prostitue. La lutte contre le proxénétisme ressemble à une vaste supercherie, visant à faire croire à la population que l’ État lutte contre l’exploitation humaine, alors que dans la très grande majorité des cas de proxénétisme rapportés par les médias, il n’y a pas la moindre trace d’exploitation et de contrainte. La lutte contre le proxénétisme, c’est ce que nous révèle l’observation du réel, n’est qu’un prétexte. Mais alors, si ce n’est pas contre l’exploitation et la contrainte que le système se bat, comme tout semble l’indiquer, alors pourquoi cette lutte acharnée ? Que cache, réellement, cette lutte anti-prostitution ?

dec 31

Un documentaire extraordinaire…

Isabelle, Sandra et Marie, trois travailleuses du sexe de Toulouse (France) nous racontent leur vision de la prostitution, de l’autonomie, des rapports sociaux, du féminisme et de la lutte pour la reconnaissance de leurs droits. Une analyse lucide qui démystifie plusieurs préjugés.

Sources :
http://citoyen.onf.ca/au-parfum-des-trottoirs-premiere-partie

http://citoyen.onf.ca/au-parfum-des-trottoirs-deuxieme-partie

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dec 31

Lors du triste 3e anniversaire de la Loi sur la sécurité intérieure (LSI) dite la Loi Sarkozy, le 18 mars 2006, quelques centaines de travailleuses et travailleurs du sexe sont descenduEs dans les rues de Paris pour protester contre la répression, revendiquer des droits et demander une reconnaissance de leur statut.

Source : http://citoyen.onf.ca/node/1058&dossier_nid=1276

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dec 29

Acculés par la faiblesse de leur argumentation, les anti-prostitutions sont sans cesse à la recherche de nouveaux prétextes pour dénoncer le phénomène. Très sensibles à « l’air du temps », ils aiment se greffer sur les idéologies du moment pour y appliquer toutes sortes de grilles de lectures permettant de percevoir la prostitution comme un phénomène anormal. Au tout début du XX e siècle, quand l’église avait encore une grande influence sur la vie politique, leur argumentation tournait autour des « bonnes moeurs chrétienne ». Avec la venue des idées hygiénistes, il était convenu de dénoncer les prostituées comme propagatrices des maladies honteuses. La psychanalyse a ensuite permis d’expliquer que la prostitution était une sorte de névrose touchant les femmes, Freud, le grand pourfendeur de l’ hystérie féminine offrait un kit de prêt-à-penser très pratique pour expliquer que même la prostituées volontaire n’était en fait pas volontaire du tout. La fermeture des bordel en 1946 a reposé sur l’idée de décadence morale, une condamnation sans appelle de l’esprit des années folles d’avant guerre, prémisse de la déconfiture française. Dans une société devenant de plus en plus « sociale », la lutte contre l’exploitation de l’homme par l’homme a pris le dessus, l’ ennemi sera alors le proxénète, la relation proxénète-prostituée devenant une sorte de symbole de la lutte des classes. Quand les idées féministes se sont imposées dans la société Française à partir des années 60-70, les anti-prostitution ont découvert un nouvel outil. Le rapport client-prostituée devenait une preuve de la domination masculine, lutter contre la prostitution devenait une lutte pour l’égalité homme-femme. Quand, comme aujourd’hui, le libéralisme mondialiste est remis en question dans la société Française, on vient nous expliquer alors qu’un certains nombre de choses ne peuvent pas être achetées, comme un rapport sexuel, et que la prostitution est aussi une dérive mondialiste, où la migration des prostituées et aussi des clients, via le tourisme sexuel, serait les pires avatars du village global. Quand les questions de bioéthisme apparaissent au devant de l’actualité, on découvre que la prostitution serait équivalent à une vente d’organe. La dernière idée à la mode gravite autour de l’idée de « citoyenneté », tout ce qui est « civisme », « intégration », « comportement citoyen », « civilité », etc.,L’idée de pénaliser le client et de lutter avec acharnement contre le racolage est lié à cette tendance idéologique actuelle, dans la même mouvance que la lutte contre le tabagisme, contre la vitesse au volant, contre le racisme ordinaire, contre les crottes de chien, contre le squattage d’escaliers, contre le téléchargement illégal, etc. où il est question de combattre les mauvaises habitudes individuelles à coup de punissions très largement distribuées.

Ainsi, les anti-prostitution s’inventent constamment de nouveaux prétextes, en fonction de l’offre idéologique du moment. Tantôt, la prostitution n’est pas chrétienne, puis elle n’est pas émancipatrice, puis elle n’est pas hygiénique, puis elle est décadente, puis elle est du domaine de la domination de classe, puis elle est misogyne, puis elle est ultra-libérale, puis elle est non-bioethique, puis elle de l’incivilité. Au regard des valeurs du moment, les anti-prostitution n’ont de cesse de se positionner.

Les anti-prostitution, qui basent tout sur les idéologies, sont aussi des girouettes idéologiques, ils se greffent sur les valeurs dominantes pour proposer toujours la même solution : une société sans prostitution. La multiplicité des arguments reposant sur les idéologies du moment les rend suspect, ils utilisent les différentes idéologies que parce qu’elle les sert, non parce qu’ils y croient. En réalité, cette attitude des anti-prostitution est un camouflage. Ils ne veulent pas admettre que leur volonté est de contrôler la morale et les moeurs. Ils sont, philosophiquement, contre une pratique sexuelle, le « sexe tarifé », et ils veulent imposer ce positionnement morale à tout le monde via la police et la justice. Quand on gratte un peu le vernis idéologique, il ne reste qu’une morale sexuelle et rien des idéologies dont ils se réclament. Sous la couche « anti-esclavagisme » on découvre qu’ils fonctionnent sur le mode maitre à esclave, sous la couche humaniste des sauveurs de la veuve et de l’orphelin on découvre avec leurs yeux une totale déshumanisation de la prostituée, sous la couche féministe il y a un paternalisme absolu, sous la couche « lutte des classes » il y a des apparatchiks qui savent mieux que moi même ce qui est bon pour moi, sous la couche progressiste il y a le retour à l’ordre moral dans le domaine des moeurs, sous la couche de la bioéthique il y a une idée de l’amour charnel que tout le monde devrait partager, de grès ou de force, sous la couche du civisme il y a la volonté de contrôler totalement la population, sous la couche anti-libérale il y a une volonté de faire rentrer tous les individus dans le moule de l’entreprise, etc.

Ainsi, les anti-prostitution sont systématiquement dans le mensonge quand ils évoquent autre chose que la morale sexuelle pour défendre leur cause. Coincés par l’idée des droits de l’homme, qui leur interdit à priori de réclamer des mesures visant au contrôle de la sexualité d’adultes librement consentants, coincés aussi sur la question du libre choix professionnel, chacun étant libre de choisir son métier, ils ne peuvent qu’inventer, laborieusement, de nouveaux prétextes. C’est jamais la morale du sexe tarifé en elle même qui est en question au départ, c’est toujours autre chose (esclavage, féminisme, bioethique, etc.), et ça abouti toujours à une condamnation morale du sexe tarifé.

dec 28

Parmi les nombreuses inepties que peuvent sortir les anti-prostitution, il y a celle ci : Les personnes qui se lancent dans la prostitution le font parce qu’elles ont des problèmes d’ordre psychologique et sociales.

Les prostituées, dans une grande majorité, travaillent dans ce secteur d’activité d’abord pour l’argent. Il est probable qu’une grande part des prostituées en exercice ont choisi cette voie là en comparant le pour et le contre avec d’autres possibilités professionnelles et que la plupart d’entre elles n’avaient pas la possibilité de s’assurer la même qualité de vie avec d’autres métiers. Certaines ont aussi été attirée par l’industrie du sexe et ont choisi ce secteur par goût. Cela surprend toujours les anti-prostitution quand une prostituée leur affirme qu’elles préfèrent travailler dans l’industrie du sexe plutôt que dans la banque, dans des supermarchés ou dans des centres d’ appelle téléphoniques. Et encore plus quand elles osent affirmer que le métier est enrichissant. La marginalité qu’implique la prostitution en France, l’exclusion sociale, la difficulté du travail de rue, etc., sont mis en balance avec les revenus que procurent ce travail et la liberté qu’il y a en comparaison d’un travail salarié. Certaines ont des projets à moyen ou long terme et ne se prostituent pas de gaieté de coeur, mais font cet effort pour pouvoir faire autre chose à coté ou plus tard. Si on pénalise la prostitution parce que les personnes qui l’exercent ne sont pas passionnées par leur métier et même ambitionnent de le quitter un jour, alors il faut pénaliser une très grande part des emplois qui existent.

Pour les anti-prostitution, il faudrait que la prostituées soit une personne ravie de coucher avec toutes sortes d’inconnus pour que cette profession soit reconnue comme légitime. Et encore. Les anti-prostitution refusent de considérer la prostituée comme une personne responsable ayant eu a faire des choix d’adultes, sa tendance à l’infantiliser (qui peut être explique leur obsession pour la prostitution juvénile) et à la victimiser sur sa condition sociale (même quand la prostituée a une « vie bourgeoise ») est une façon de nier que la prostituée peut avoir le contrôle de son destin, peut par exemple se servir de la prostitution comme d’un tremplin social (nombreux cas d’anciennes prostituées reconverties dans un « commerce convenable » et/ou propriétaire de leur logement, ce qu’un autre job ne leur aurait bien souvent pas permis de réaliser.), des personnes qui font des choix, ont des initiatives, élaborent des plans de carrière, ont des ambitions et des envies que la prostitution leur permet d’assouvir, etc. Ils ne peuvent non plus imaginer que la prostituée puisse tirer une quelconque satisfaction professionnelle autre que pécunière. Que la prostituée puisse tirer une fièreté à « vivre de ses charmes », trouver son métier ludique, être satisfaite de satisfaire ses clients, avoir des relations amicales avec certain d’entre eux et même de la tendresse, considérer son travail comme artistique ou thérapeutique, etc. Tout cela n’est que légende pour eux, et quand une prostitue l’affirme, elle ment et se ment à elle même. Il n’y a ni respect des choix personnels, ni des motivations, ni des satisfactions, ni du métier de la prostituée. L’anti-prostitution une fois de plus déshumanise la prostituée, qui devient une entité dépourvue de désir, comme une plante soumise au climat, bonne qu’à subir.

Au delà de la question économique qui a poussé de nombreuses femmes vers la prostitution contre leur grès, des anti-prostitution affirment aussi que les prostituées sont majoritairement victimes de toutes sortes de névroses. L’argument psychiatrique pour expliquer les dérives des déviants est une vielle tradition totalitaire, surtout quand il s’agit de chasser les sorcières et tous les opposants. Sorcières qui dans le monde contemporain pétris d’humanitaire et de « psychologisme », est victime de démons intérieurs incontrôlables, démons intérieur que la psychanalyse sait très bien décrire : Hystérie, problèmes d’oedipe non résolu, abus sexuels refoulés ou sublimés, etc. Toujours est il que la prostituée, selon l’anti-prostitution, a été poussé malgré elle, à cause de son subconscient, lui même modelé par son environnement. Les anti-prostitutions sont friands de toutes sortes de théories déterministes : On est prostituée parce qu’on né femme, parce qu’on est esclave, parce que le monde libéral/libertaire pousse vers la prostitution, parce qu’on est tombé sur un proxénète, parce que l’on est victime de toutes sortes de névroses ayant comme origine des abus sexuels, etc. Pas question d’imaginer un instant que les personne aient utilisé leur libre arbitre. La prostituée subit, systématiquement, il ne peut pas en être autrement puisque une personne qui se prostitue n’est plus, pour eux, tout à fait humaine.

Et quand une femme dit, scandaleusement pour eux, que le métier lui a permis de se réaliser intérieurement, par exemple de se découvrir désirable, de se découvrir comme pouvant contrôler les hommes, de renouer avec sa féminité, d’expérimenter son sens du défi ou de régler certaines souffrances intérieur, cela ne peut être que mensonge, ou alors de la sottise. Pour eux, fondamentalement, les individus ignorent ce qui leur est bon ou mauvais, « pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Les prohibitionnistes effectuent un dépeçage systématique de l’identité de la prostituée. Ils ne voient en elle qu’une accumulation de problèmes. Ses choix n’ont aucune légitimité, ils ne peuvent pas être des choix économiques et sociaux librement consentis, elle n’obtient pas de satisfaction réelle, elle utilise une mauvaise stratégie de vie, son métier n’en est pas un, son savoir faire est inexistant, la pseudo fièreté professionnelle qu’elle peut afficher est biaisée, limite indécente, ce qu’elle fait est déterminé par toutes sortes de névroses, elle ne peut pas se développer personnellement, si elle l’affirme c’est faux, on ne peut pas lui laisser la responsabilité de ses actes, etc. Le prohibitionniste croit profondément que dès lors qu’on se prostitue, on appartient à une sous espèce.

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