Scandale à Bordeaux. Agnès P., ex Miss-Aquitaine va être jugée pour proxénétisme. Ses clients étaient médecins, footballeurs ou journalistes. Celle qui avait tout le gratin bordelais parmi ses contacts pourrait “lâcher” quelques noms lors du procès. Victime d’un viol à l’adolescence, elle explique avoir emprunté le chemin de l’”escort” presque par hasard.
Elle est brune, grande, élancée, porte jeans et talons aiguilles, et préfère se faire appeler par son ancien nom de guerre, “Madame Agnès“. Vendredi, Agnès P., une ancienne reine de beauté reconvertie dans la prostitution de luxe, sera jugée avec son compagnon pour proxénétisme. Durant deux ans, elle s’est livrée à une fructueuse activité d’”escort”, d’abord seule, puis avec d’autres jeunes femmes. Le bouche-à-oreille a rapidement fonctionné auprès d’une clientèle bordelaise haut de gamme: en quelques mois, hommes d’affaires, médecins, avocats, journalistes et footballeurs professionnels se sont rués sur le numéro d’appel de la “Madame Claude” girondine. Quelques noms seront peut-être prononcés lors de l’audience de vendredi.
Agnès manie volontiers l’euphémisme pour évoquer son activité - elle dit “escort” et non “prostituée“, “service” plutôt que “passe” -, et ne s’étend pas sur ses relations avec “ses copines” (les prostituées qu’elle a fait travailler). Pour le reste, elle se raconte sans détour. L’histoire qu’elle livre est d’abord celle d’une maturité précoce. Enfant, ses parents étant accaparés par la gestion d’une “grosse entreprise“, elle devient vite une “petite maman” pour sa fratrie. Elle évoque un “abus” à 15 ans ; corrige son propos, parle d’”une agression“. Et finit par avouer qu’elle a été violée. Elle associe à cet épisode un manque de confiance en soi, “une peur du regard des hommes“. Parcours scolaire sans problème, bac B, études supérieures de comptabilité et gestion. Elle remporte dans le même temps des concours de beauté - Miss Guyenne, Miss Aquitaine. “Par hasard, précise-t-elle, parce que j’avais fait des défilés de mode.”
“A 20 ans, assure Agnès, j’étais une battante, je voulais avancer dans la vie.” Commerciale dans l’immobilier puis dans le transport, elle complète à l’occasion ses revenus comme hôtesse. Puis devient strip-teaseuse. En décembre 2003, lors d’un enterrement de vie de garçon, on lui demande si, après son effeuillage, elle ne veut pas “aller plus loin“. Elle accepte, sans imaginer alors, dit-elle, où cela va la mener. Son nom circule, les clients affluent. “Ils se disaient: ” Si tu veux un strip-tease amélioré, appelle Agnès. “” Elle dit que “c’était la cerise sur le gâteau“, avant d’ajouter: “Au bout d’un moment, mes clients m’ont demandé deux cerises…” Façon de dire que les “autres filles“, ce n’était pas son idée, mais le seul fruit de la pression des clients: “Deux femmes ensemble, c’est le premier fantasme des hommes“, précise-t-elle.
Agnès P. tirait 12 000 euros mensuels de son activité
Le début des ennuis de “Madame Agnès” remonte à l’automne 2004. Les gendarmes enquêtent alors sur un vaste trafic de voitures en région bordelaise. L’un des protagonistes du dossier est un client régulier d’Agnès. Elle est mise sur écoute et une information judiciaire incidente est ouverte.
Les enquêteurs découvrent que quatre jeunes femmes travaillent régulièrement avec elle. Ils entendent une trentaine de clients dans le cadre de cette procédure, dont huit footballeurs titulaires des Girondins de Bordeaux (ils sont trois à figurer toujours dans l’effectif). Agnès est interpellée en février 2005, mise en examen puis placée en détention provisoire. “ça a été l’enfer“, dit-elle des deux mois passés en maison d’arrêt.
Les gendarmes exhument patiemment son patrimoine et celui de son concubin, y trouvent des immeubles et plusieurs comptes bancaires. Ils estiment qu’entre 2004 et 2005, Agnès P. tirait 12 000 euros mensuels de son activité. L’enquête vise bientôt à établir qu’une partie de ces revenus provient du proxénétisme: selon la demande, la jeune femme se fait accompagner de Mélanie, Mireille, Khamma ou Elvire. Celles-ci reçoivent entre 50 euros et 80 euros quand elle facture 200 euros à 2 000 euros aux clients. Une fourchette de prix particulièrement large. “Les tarifs étaient proportionnels aux revenus. Les footballeurs pros payaient le prix fort…“, confie un ancien client. “J’étais dans ma bulle, un peu insouciante. C’était festif, des hommes me payaient pour des faveurs. Ma vie privée était complètement préservée. J’acceptais, j’assumais ce que je faisais.” Agnès explique que, dans son esprit, “la prostituée, c’était le trottoir“. Son travail à elle, c’était une prestation avec “éventuellement” du sexe. “D’ailleurs, souvent, on ne faisait que discuter. Je passais un moment avec un homme dans une chambre d’hôtel, on parlait de sa vie, de son travail.”
Des moments “glauques“, parfois violents
Elle est parfois invitée à des repas d’affaires. “J’étais là pour laisser croire que si ça se passait bien, je pourrais faire partie du lot.” Agnès évoque aussi des moments “glauques“, parfois violents, des soirées à plusieurs avec des sportifs professionnels. Ses mots deviennent durs: “Ils étaient méchants, hargneux. Ils avaient l’habitude de l’argent facile et nous traitaient comme des morceaux de viande.”
Deux ans après son interpellation, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 35 ans, dit ne pas comprendre pourquoi on l’accuse : “Je ne suis pas une proxo, je n’ai forcé personne !” Son avocat, Me Arnaud Dupin, dénonce l’hypocrisie d’un système où “les clients rois ne sont pas pénalement réprimés“. “Elle n’a fait qu’assouvir leurs fantasmes“, martèle-t-il. La jeune femme espère que ses juges la comprendront et concluront que son compagnon, lui aussi poursuivi, “n’a rien à voir avec tout ça“. Aujourd’hui, elle affirme être “passée à autre chose” et donner priorité à sa vie de famille.
octobre 26th, 2007 at 7:21 am
[…] Lire aussi : http://www.iprostitution.org/2007/10/22/lex-miss-regalait-le-tout-bordeaux/ […]
decembre 21st, 2007 at 4:24 pm
[…] lex-miss-regalait-le-tout-bordeaux/ […]
fevrier 28th, 2008 at 8:58 am
bjr j’ai lu le commentaire et je trouve que c’est grave que cette femme(agnés) et puis faire 2 mois de prison je suppose kel a pas forcer c’est filles a travailler car les filles aurait pu travailler toute seule donc elles avaient leur interet la dedans (a faire cela avec agnés-p) ils y’a des bars qui generent enormement d’argent ou la les filles sont vraiment abuser, mais la on laisse faire car y’a un profit, comme meme pour l’etat.Pour moi la loi et differente par ville en france c’est pas pareil partout …….