Un gang de policiers véreux tombe près de Madrid A la télévision : “PROSTITUTION : LA FILIERE THAï” sur Planète
oct 13

Dans une salle aux murs blancs, au premier étage du PC de la police municipale de Blois (Loir-et-Cher), quatre écrans plats sont allumés jour et nuit, sur lesquels défilent sans interruption des images. Rue piétonne, place sur laquelle des adolescents battent la semelle, entrée d’immeuble déserte, embouteillage sur un pont. Zoom sur un groupe de jeunes assis sur un banc : ils boivent un liquide qui ressemble à du soda. Zoom sur un individu “bien connu des services” qui tourne en rond devant un bâtiment des quartiers nord. Il monte dans une voiture, dont on peut lire la plaque d’immatriculation.

Douze caméras vidéo surveillent en permanence la ville. Quatre dans le centre-ville, huit dans la ZUP des quartiers nord. “Ce sont les deux zones principales de délinquance”, justifie le maire (UDF-Nouveau centre), Nicolas Perruchot. La sécurité faisait partie des thèmes de campagne des élections municipales de 2001. Des émeutes avaient eu lieu dans la ZUP, l’année d’avant. Une fois élu contre Jack Lang, le candidat UDF a mis en oeuvre son programme, axé sur la lutte contre la délinquance. Le nombre des policiers municipaux est passé de 15 à 50. Un premier système de vidéosurveillance a été mis en place en 2003. Il s’agissait d’une installation analogique en noir et blanc, dont les images étaient enregistrées sur bandes magnétiques. Depuis juillet, le système est numérique, ce qui autorise une précision d’image. “Du point de vue de la qualité, nous avons l’un des systèmes les plus en pointe”, confirme le maire. Les enregistrements sont conservés sur support numérique pendant dix jours. Pour la mairie, l’investissement s’est élevé à 200 000 euros. Six nouvelles caméras devraient être installées en 2008. La Ville devrait bénéficier, pour la première fois, d’une subvention de 90 000 euros venant de l’Etat.

Nicolas Perruchot croit aux vertus de la vidéosurveillance, chiffres à l’appui. “Nous sommes passés de 140 voitures brûlées par an à 30-40. Au cours des deux derniers mois, la délinquance a baissé de 10 % par rapport à l’année dernière.” Le maire voit “deux niveaux d’utilité de la vidéosurveillance”. “Dans les quartiers chauds, les caméras ont un effet dissuasif sur les bandes. Les dealers ont fui les zones surveillées. Deuxième utilité : en centre-ville, la vidéo nous permet d’intervenir rapidement en cas de délit.” Le PC de la police municipale envoie alors une patrouille et prévient la police nationale. Cette dernière ne reçoit pas les images vidéo. “Le système fonctionne parce qu’il règne une excellente entente entre les deux polices”, précise Didier Chaudron, maire adjoint chargé de la sécurité.

Les élus de Blois mettent en avant les petits succès de la vidéo-surveillance. La prostitution s’était développée sur les bords de Loire. Grâce aux caméras, “le phénomène a pu être repéré à temps et enrayé”, se félicite M. Perruchot. En théorie, les caméras permettent d’identifier les clients. Que se passerait-il si un notable était repéré en train de recourir aux services d’une prostituée ? “Au pire, on en ferait des gorges chaudes dans les dîners en ville !”, plaisante le maire.
M. Chaudron énumère les garde-fous qui, selon lui, empêchent toute dérive. “La vidéosurveillance est encadrée par une commission dirigée par le président du tribunal de grande instance. Seul un nombre restreint de personnes a accès à la salle des écrans. Enfin, un logiciel floute automatiquement les fenêtres des habitations.”

Chez les Blésois, la vidéosurveillance ne semble pas être un sujet de débats. Christophe Degruelle, conseiller municipal PS, n’y est pas hostile par principe. “A partir du moment où il y a une amélioration de la sécurité…, avance-t-il. Il reconnaît qu’il n’a jamais visité la salle des écrans. Il y a juste eu un bout de délibération sur le sujet en conseil municipal.” M. Perruchot reconnaît que la mairie n’a “pas trop communiqué”. “Les caméras sont discrètes. Elles sont placées très en hauteur. Personne ne les voit.” De fait, lesdites caméras ont l’aspect de gros gyrophares. De l’aveu même de la mairie, quand l’un de ces appareils est positionné dans une rue, les riverains n’en sont pas informés. De sorte que la vidéosurveillance, censée avoir un effet dissuasif, est, en réalité, ignorée ou oubliée du public.

Source : Le Monde

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