Un gang de policiers véreux tombe près de Madrid A la télévision : “PROSTITUTION : LA FILIERE THAï” sur Planète
oct 12

Des prostituées attendent des clients, des hommes les abordent, d’autres franchissent, dix mètres derrière l’une d’elles, une porte cochère menant à une maison de passe clandestine. Ce va-et-vient quotidien de la rue de la Montera, située au coeur du Madrid touristique, est visible depuis quelques jours sur le site d’échanges et de partage de vidéos YouTube. Il a été mis en ligne par des habitants excédés par ce qu’ils jugent être de l’inaction de la part des pouvoirs publics face aux trafics et à l’exploitation sexuelle qui s’étalent à leur porte.

A toute heure du jour et de la nuit, la rue de la Montera offre, depuis fort longtemps, une animation qui excède largement celle de ses voisines de la Puerta del Sol, tout entières vouées à un commerce plus présentable. Les femmes - plus d’une centaine selon les voisins - qui travaillent dans cette artère bordée de sex-shops témoignent des pays d’origine du récent mouvement d’immigration arrivé en Espagne au cours de la dernière décennie.

CAMÉRAS DE SURVEILLANCE

Depuis quelque temps, les riverains se sont émus de la permanence de cet îlot équivoque, résistant à la vague de rénovations qui a accompagné la vigoureuse hausse des prix de l’immobilier madrilène. Estimant que la municipalité ne tenait pas ses promesses d’endiguer le phénomène, quelques riverains ont empoigné leurs caméras, ils ont filmé ce qu’ils voient de leurs fenêtres et ont diffusé cette trentaine de vidéos sur Internet.

Cela fait six mois qu’ils menaçaient de le faire, comptant sur l’effet dissuasif que pourrait avoir, auprès des clients potentiels des prostituées du quartier, une telle publicité. La mairie les avait mis en garde contre ce qu’elle juge être contraire à la législation sur la protection de l’image et de l’intimité. Néanmoins, pour répondre à l’inquiétude des associations du quartier, le maire, le conservateur Alberto Ruiz-Gallardon, avait annoncé l’implantation prochaine de trente et une caméras de surveillance rue de la Montera et dans les rues adjacentes. Mais ces riverains exaspérés n’ont pas été convaincus de l’efficacité de cette initiative et ont mis leur menace à exécution, activant leur propre réseau de caméras.

L’Agence espagnole de protection des données a aussitôt ouvert une enquête et les a mis en garde : si les personnes sont reconnaissables, les auteurs des films risquent jusqu’à 600 000 euros d’amende. Du coup, les riverains ont évité les gros plans et les zooms. Qu’ils soient ceux de prostituées ou de clients, les visages ne sont pas identifiables.

Source : Le Monde

Voir les autres videos sur Youtube.

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