Et voilà, l’avocat général de la cour d’assises de Paris a rendu ses réquisitions dans l’affaire des viols de prostituées par des CRS.
Ainsi, ce jeudi il a demandé des peines allant entre huit ans d’emprisonnement et dix ans de réclusion criminelle pour chacun des trois CRS jugés pour les viols commis entre 2002 et 2003 sur des prostituées. Les quatre autres ex - CRS risquent des peines avec sursis.
Philippe Bliger qualifie leurs actes ainsi : “Ils ont commis le pire”, ainsi l’avocat général désigne Romaric Leclercq, Yohan Mahé et Cyril Dussart, qui la tête basse sur le banc des accusés écoutent. Et pourtant leur “repentance” joue légèrement en leur faveur, sans doute aussi leur immaturité à l’époque des faits.
Stéphane Hirigoyen et Gilles Gainaux risquent 3 ans de prison avec sursis, Christophe Fradelin et Denis Godet pour leur part peuvent être punis de 18 mois avec sursis.
Les quatre sont poursuivis pour “non-empêchement de crime” pour avoir été présents lors de certains viols, sans les avoir empêchés ou dénoncés. En d’autres termes ils n’ont pas porté leur aide aux femmes qui subissaient le viol des autres CRS.
Pour ce genre de délit, de crime la justice a l’habitude de trancher clairement, en ordonnant de 15 à 20 ans de réclusion. Les trois principaux accusés ont été révoqués de la police et les quatre autres ont été suspendus temporairement 24 mois, dont 18 avec sursis. Durant le réquisitoire, l’avocat général Philippe Bilger a attiré l’attention de l’auditoire sur le “caractère exceptionnel des viols”, “l’image désastreuse de la police” qu’ont donné les accusés, ainsi que “la souillure heureusement pas ineffaçable” imposée à l’institution.
Il a aussi rendu un hommage appuyé à une jeune femme violée, qui s’est constituée partie civile après avoir dénoncé les faits aux autorités en 2003. “Elle est venue incarner physiquement la douleur et la détresse” des victimes, a-t-il souligné. Irini P., 28 ans, est venue spécialement d’Albanie, où elle a été expulsée en 2004, pour témoigner au procès. L’avocate de Irini P, le matin du procès n’a pas hésité à remettre les pendules à l’heure : “J’ai entendu dire que c’étaient de jeunes perdreaux livrés à eux-mêmes. Mais il y a combien de millions de Français qui sont livrés à eux-mêmes ?”, s’est-elle interrogée, et de poursuivre : “Tout le monde aurait-il besoin d’un tuteur pour s’entendre dire : ’attention, ne fais pas ça ?’”.
Les viols ont germé en 2003, contre des filles albanaises qui tapinaient sur les boulevards Maréchaux à Paris, deux filles ont alors conté leur souffrance à une association d’aide aux prostituées, “l’Amicale du Nid”, elles ont déclaré alors avoir subi des actes de viol de la part de la police. Bien entendu une enquête de la police fut lancée. Là on apprenait que les filles furent victimes de 11 viols impliquant sept policiers de la 7e Compagnie républicaine de sécurité ( CRS) de Deuil-la-Barre du Val d’Oise. Les CRS à l’époque avaient entre 23 et 26 ans.
Concluant l’enquête, l’IGS - Inspection Générale des Services, police des polices avait noté à l’époque “que les faits ne sont pas isolés et exclusivement dus à une consommation d’alcool, mais font partie de pratiques répandues auprès de plusieurs membres de leur section“.
7 plaidoiries sont attendues de la part de la défense, et le verdict doit tomber demain, vendredi
Radin rue
http://www.radinrue.com/spip.php?article3145
Tags: CRS violeurs, France, Paris, Ripou, violence
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