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PROSTITUTION - Zappelli fixe le coût des passes

Par Charles-André Aymon, 2 août 2007

Pour 100 balles t’as plus rien? Pas à Genève où le procureur général a décidé du coût journalier des prostituées en salon.

Le document intitulé Usure et autres infractions liées à la prostitution mérite de devenir un best-seller. Signés par la Brigade des mœurs, ces deux feuillets, dont GHI a obtenu copie, fixent rien moins que le coût officiel d’une journée de prostitution dans les salons érotiques du canton: c’est 100 francs!

Croisade calviniste

Les tenanciers de salons de massages érotiques sont donc priés de ne plus louer aux prostituées de chambres à la journée au-delà de ce prix sous peine de se voir poursuivre pour usure. Seules des charges comme la publicité, certains aménagements, la sécurité, les mesures sanitaires, etc. pourront augmenter le tarif, pour autant qu’elles soient dûment justifiées.

«L’application stricte de ce règlement signifiera la mort de notre commerce», commente, amère Lisa, propriétaire d’un des plus grands salons de la place. «On agit comme s’il s’agissait d’éradiquer la prostitution en salon. C’est une croisade calviniste, rien de plus»

Liberté

Daniel Zappelli nie pourtant tout arrière-fond moral. Pour le procureur général, «il s’agit d’encadrer un marché dans lequel des abus ont été commis. Des prostituées sont forcées de payer toujours plus pour exercer. Certaines chambres sont sous-louées 500 francs par jour, alors que l’exploitant les loue 1000 francs par mois. Une poignée de personnes retire des bénéfices exorbitants et les filles ne sont plus libres de fixer elles-mêmes leurs tarifs. C’est cette liberté que le texte vise à préserver»

Champ-Dollon

«On ne peut pour autant parler d’usure», affirme, sans confirmer les chiffres, Me Jean-Pierre Garbade, avocat d’un salon de massage genevois. «Chacun est libre d’accepter le prix proposé, même s’il est élevé. On parle ici de prostituées en règle avec l’administration et n’étant pas endettées. Elles ont la possibilité de faire leur travail en indépendantes, voire même d’aller exercer ailleurs.»

Des propos qui ne rassurent pas cet autre exploitant de salon: «Ce texte sera invalidé par les tribunaux. Mais comptez sur les flics pour nous faire pourrir un moment à Champ-Dollon avant tout procès. Et ça, ça vaut toutes les intimidations du monde». La Brigade des mœurs, très occupée comme on l’a vu, n’a pas pris le temps de retourner nos appels.

Sources : http://www.ghi.ch/live/1/home/infos/au_sommaire/geneve/geneve.php?pf_lat=40653&CNSACTION=VIEW_ARTICLE&selected_article_id=4644&selected_section=8

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