En réponse au débat parlementaire du 3 juillet, Xavier Bettel (DP) a fait aujourd’hui une contre-proposition au « modèle suédois » interdisant la prostitution et pénalisant les clients, prôné par Marie-Josée Jacobs (CSV).
La proposition centrale de Xavier Bettel consiste en la création d’une « carte professionnelle », permettant aux prostituées un enregistrement officiel de leurs activités. Cette carte assurerait l’enregistrement administratif de la personne, mais surtout un suivi médical poussé et régulier.
Cette mesure concernerait surtout les prostituées porteuses du VIH ou atteintes du SIDA, à qui on retirerait sa carte 8et ainsi son droit d’exercer) le cas échéant. Sans carte en règle, une prostituée serait susceptible d’être arrêtée et encourrait une amende.
Avec cette « carte professionnelle », argumente Xavier Bettel, les chiffres concernant la prostitution au Luxembourg seraient plus faciles à établir.
« La prostitution est un métier »
Rubis, Eva, Doriane et Lorie sont quatre prostituées, toutes volontaires et assumées, de Luxembourg. Malgré leur profil très différent, elles se reconnaissent dans le projet de « carte professionnelle » proposée par Xavier Bettel. Pour elles, une réglementation de ce qu’elles considèrent être leur métier s’impose, pour éviter l’hypocrisie qui tolère la prostitution dans les faits tout en la condamnant au niveau législatif.
Toutes les quatre insistent sur le fait que la prostitution se présente sous quatre formes :
- la prostitution passagère, occasionnelle, qui reste donc difficile à quantifier,
- la prostitution des toxicomanes, qui est selon elles la principale source de criminalité dans la profession,
- la prostitution par annonce, comme elle s’organise par exemple dans Luxbazar,
- la prostitution volontaire et dans la rue, où l’on compte aujourd’hui approximativement une soixantaine de filles.
C’est dans cette dernière catégorie, où se reconnaissent exclusivement les quatre intervenantes, qu’une réglementation est envisageable, et du coup une amélioration des conditions de travail. En effet, le cadre se serait beaucoup détérioré ces dernières années. Confinées dans les deux rues d’Alsace et Venceslas, les filles sont aujourd’hui trop nombreuses à se partager un bout de trottoir. Leur but serait ainsi « d’ouvrir » une rue supplémentaire, ou mieux, d’ouvrir un parking à cet effet, compartimenté et doté de poubelles, comme c’est déjà le cas à Cologne. Cette dernière possibilité permettrait d’après elles une réelle amélioration des conditions d’hygiène.
Du point de vue des prostituées, ce système de carte permettrait une réglementation seule capable de leur apporter un cadre juridique clair, et jugé nécessaire. Car, selon elles, le modèle suédois est une mesure qui ne fait que déplacer, voire cacher, le problème, en rendant la prostitution purement et simplement illégale.
Source : http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=3479
Tags: débat, luxembourg, politique
octobre 23rd, 2007 at 6:22 pm
[…] de la prostitution au Luxembourg» et une enquête sur ce sujet confiée à TNS ILReS. (lire aussi http://www.iprostitution.org/2007/08/04/luxembourg-debat-parlementaire-reglementaristes-vs-prohibiti…) Elle avait, à cette occasion, évoqué sa préférence pour le «modèle suédois». Elle pourra […]