Il s’agit d’être réaliste : Le combat pour la prostitution est dans une phase critique. La loi de sécurité intérieur de 2003 était déjà une offensive forte de la tendance prohibitionniste, en 2007, l’initiative du juge Montgolfier à Nice (pénaliser le client, comme la loi l’y autorise) permet le pessimisme. Le système a semble t’il envie de passer à la vitesse supérieur, l’opération du juge Montgolfier étant destiné à faire jurisprudence, à tester la prohibition localement et créer une campagne médiatique. Campagne qui a bien eu lieu, puisque l’information a été reprise par tous les grands quotidiens, où on a pu constater alors la remarquable absence du point de vue des gens et organisations favorables à la normalisation du métier.
L’interview du Juge Montgolfier dans le Parisien était assez emblématique de la façon dont le pouvoir public interprète les lois. La justice française est très inquiétante, quand j’entends dire « j’ai confiance en la justice de mon pays », j’ai tendance à réfreiner un petit rire nerveux. Le juge dit quelque chose comme « Jusqu’ici on s’attaquait au proxénète et à la prostituée, mais jamais au client, or sans client, pas de prostitution ! ». Pour le juge Machin, il faut combattre la prostitution en elle même, la prostitution c’est mal, ça ne devrait pas exister. Cette façon de penser la prostitution, le juge Montgolfier ne la trouve pas dans la loi, la loi n’est pas contre la prostitution, les gens souvent ne le savent pas, et il semble que même un juge célèbre comme le juge Montgolfier ne le sache pas. Alors il est bon de le rappeler encore une fois : La loi, en France et dans la très grande majorité des pays libres, n’interdit pas la prostitution. Elle ne l’interdit pas car cela mènerait à des débats éthiques insolubles où la question de la liberté individuelle devrait être radicalement remise en question. Si demain on interdisait clairement la prostitution en France, c’est à dire si dans les textes on mettrait clairement « La prostitution est une activité illégale », il serait nécessaire alors de retoucher un certain nombre de concepts de notre démocratie. Par exemple, revoir la définition du terme de « libre arbitre » et celui de « domaine privé ». C’est du lourd. Du très lourd. Les Etats qui clairement interdisent la prostitution sont ceux pour qui les notions dont je parle sont du charabia. Les Etats pratiquant la charia, les pays communiste comme la Chine, et quelques uns des Etat les plus puritains d’Amérique du Nord. Si c’est vers cela qu’on veut aller, allons-y, mais qu’on le dise clairement et qu’on ose le débat. S’il y a bien un débat où c’est à la société de choisir, un seul, c’est bien sur ce thème touchant aux moeurs et au style de vie qu’est la prostitution. Par exemple, lancer un référendum. Chiche ? On interdit vraiment comme à Téhéran ou on autorise vraiment comme à Lausanne ? Cochez la case. Puis observons, dans les débat, où se situe le totalitarisme, qui sont les Torquemadas, les Savonaroles et les commissaires du peuples. Vérifions si nous ne sommes pas dans un état théologiens où ce sont encore les inquisiteurs qui prétendent dicter la conduite des gens. Chiche ?
En France, deux choses sont interdites dans la prostitution : La première, c’est le proxénétisme. La seconde, c’est le désordre public. A l’origine, on interdisait le proxénétisme pour prévenir toutes atteintes aux droits humains, notamment l’exploitation de l’homme par l’homme, l’esclavagisme, l’escroquerie, etc. Le concept de proxénète a pris tant d’ampleur qu’ est considéré comme proxénète quiconque rend service à une prostituée, même gratuitement, même sans le savoir. La loi précise « quiconque favorise l’activité d’une prostituée ». L’ordre public, c’est fait à l’origine pour éviter que les rues soient incontrôlable et que l’espace public se dégrade. Les nouvelles lois interdisent le racolage actif et aussi le racolage passif. Pour la prostituée et le client. Soyons clair encore une fois, parlons le langage du bon sens : Le racolage, de quelque nature qu’il soit, en 2007, est interdit en France. Nous somme dans un pays où, de par la loi, il est illégale d’aller vers une prostituée de rue, et il est illégale à une prostituée d’être dans la rue. Le fait d’être dans la rue est du racolage au moins passif. Le fait d’aller vers une fille et de demander “c’est combien ?” est du racolage actif. Alors disons le clairement : La prostitution de rue est interdite en France. Un peu tolérée, de moins en moins, parce que tolérance zéro. Du point de vu de la loi, c’est autorisé de se prostituer, dans la pratique, c’est interdit.
Interdire la prostitution serait tout simplement anti-démocratique. En théorie, la France est une grande démocratie, la preuve, la prostitution n’y est pas interdite. En fait, j’ai le sentiment que la France n’assume pas ses tendances dictatoriales. Parce qu’elle aimerait bien l’interdire la prostitution, elle ne peut pas le faire de manière franche; elle veut se donner les apparences d’un pays vraiment libre, mais veut aussi interdire. Quel dilemne. Reprenons cette histoire de racolage : Donc, la prostituée de rue n’a plus le droit d’exercer, ni le client de s’ intéresser à la prostituée de rue. Les maisons closes sont aussi interdites. Les salons de massage sont aussi interdits. Les bar à hotesses full-service aussi. Faire de la pub est interdit. Racoler, de quelque manière que ça soit est interdit. Louer une chambre est interdit. Baiser dehors ou dans une cage d’escalier est interdit (exhibitionnisme). Les forces public ne se préoccupent même plus de savoir s’il y a trouble à l’ordre public pour pénaliser clients et prostituées. Par exemple à Paris, même dans les zones sans riverains, comme dans le bois de Boulogne, le bois de Vincennes ou dans la rue Pierre Rebière, la police cherche à perturber la prostitution, notamment en distribuant PV et autres vexations.
Qu’on soit clair : La prostitution est devenue, de fait, interdite en France. Personnellement ça m’ennuie, mais après tout, pourquoi pas, la société n’est jamais exactement comme on la rêve. Par contre, ce qui me dérange vraiment, c’est que la société civile n’ai pas été consulté. L’interdiction de la prostitution s’est fait de manière insidieuse, sans demander l’avis de la population et encore moins des prostituées. Aucun débat n’a eu lieu. Pour un sujet de société touchant aux moeurs, c’est plus qu’ ennuyeux. C’est profondément anormal. En second lieu, ce qui me gène, c’est qu’ interdire la prostitution a une signification philosophique, éthique, politique, qui dépasse le simple débat sur la sécurité ou le sexe tarifé. Il est significatif que les pays ultra-collectivistes comme la Chine, les pays communistes, les pays islamique interdisent la prostitution. Cela fait parti de la logique, ce n’est pas étonnant, tout comme il n’est pas étonnant qu’il y ai des prisonniers politiques, des exécutions sommaires, de la propagande de masse, et que ces pays ne soient pas considérés comme des pays libres. De même que la politique anti-prostitution qui sévit en Amérique du Nord fait parti de cet aspect noir de l’Amérique du Nord, parmi d’autres faits comme : le maccarthysme,l’affaire Lewinsky, le puritanisme, le politiquement correct à l’extrême, les procès pour un rien, les prisons les plus peuplées du monde (par rapport au nombre d’habitant), la télé-réalité la plus lamentable, etc. Cette guerre contre la prostitution fait partie de cet ensemble de tendances, de ce que l’ Amérique a de pire. Enfin, dernière chose gênante dans cette interdiction à la Française de la prostitution, c’est son caractère malhonnête, hypocrite. La France n’assume pas d’ interdire aux personnes de se prostituer ou d’aller voir les prostituées. Elle est consciente, du point de vue de la démocratie, de l’illégitimité de cette interdiction pure et simple, mais a quand même envie d’interdire. Je préférerait qu’elle soit honnête, claire et nette, qu’elle assume et affiche son côté autoritariste, comme les Américains, comme les Chinois, comme les Iraniens. Après tout, les démocraties donnent toutes des petits coups de canifs dans leurs grands principes. Pourquoi ne ferait on pas aussi du «totalitarisme positif » sur ce sujet là ? Mais la France veut faire croire qu’elle est assez libre et ouverte pour laisser les gens exercer un job de prostitué, tout en voulant empêcher les gens de faire ce job en rendant son exercice techniquement impossible. C’est comme si la France, voulant interdire l’ homosexualité sans oser l’assumer, empêchait les gens d’afficher leur homosexualité pour risque de trouble à l’ordre public.
La situation du ni-ni, ni autorisation réglementée, ni interdiction assumée, est certainement la pire des solutions, il est temps de choisir entre ces deux orientations, d’affirmer clairement ce qu’il en est, d’avoir un vrai débat sur la question, d’impliquer la société en général dans ce débat, et les prostituées en particulier. Que la France choisisse, assume ses choix et se regarde en face, au lieu de biaiser.
Tags: anti-client, débat, opinion
juillet 30th, 2007 at 12:11 pm
Bonjour,
Concernant cet article j’aurais préférée que l’auteur en défende clairement le métier et se prononce pour la LEGALISATION et non pas en proposant deux choix extrême comme il le fait. C’est un très mauvais exemple de citer les pays Arabes, Chinois et Américains quoique ces derniers ont des agences d’escortes et des bars à hotesses. Nous devons combattre toutes ces idées abolitionniste, tant qu’il ,existera sur terre une femme et un homme il y aura toujours une prostituées et un client.
Anne-Sophie
juillet 30th, 2007 at 2:07 pm
L’auteur signale qu’interdire serait plus franc, courageux, honnête que la solution actuelle, si un vrai débat a lieu, ça sera entre interdire et autoriser. Qu’ils osent interdire clairement qu’on rigole.
juillet 31st, 2007 at 10:03 am
Bonjour,
Euh… non justement, s’il veulent interdire la prostitution comme en Floride il y a plus de vingt ans je nous souhaite bien du plaisir. A la longue c’est ce qu’il risque d’arriver, et comme la plupart des gens sont “endormies” il n’y aura pratiquement pas de riposte. Ensuite pour faire prendre conscience un GVT de ses erreurs et de revenir en arrière c’est chose impossible sauf si on change de GVT. La prostitution vivant et existant aux grès des décision politiques arbitraire j’estime que ça suffit.
Cordialement
Anne-Sophie
Cordialement
septembre 15th, 2007 at 10:33 am
je suis ni pour , no contre , bien au contraire. moi je pense qu en france on a supprimer la prostitution des plus pauvres d entre nous . maintenant c la prostitution pour les tres riches……….. c est sans commentaires……….une ouvriere qui travaille 8 heures par jour dans nos usines, sans pouvoir parler, et defendre ses droits pour un salaire journalier de net de 40 euros, ça cela est pire que la prostitution c est l esclavage…..bref,mais façon de voir la realite de notre societee , ma couter tres cher , ( point de vue sante,…. suis sous antidepresseur depuis 14 ans……bref, il faut se taire , sinon on finit comme colluche….. chut… j ai rien dit au cas les renseignements generaux liraient cette lettre, maintenant je prends la vie avec beaucoup d humour , j ai connu la fin des bars a hotees dans les annes 1990 , ces lieux etaient tres convivials et pleins de savoir vivre, bien souvent, on buvait une coupe de champagen avec des femmes tres humaines et attentifs a leurs clients ……. il y avait moins de divorces, d enfants abandonnes par leurs parents…….;les hommes et les femmes ont plus d amants ou maitresses , plus de drames et de personnes en prison, alors on fait quoi????????
novembre 2nd, 2007 at 4:53 pm
la prostitution est utile dans tout pays existant et pour la raison suivant
beacoup d’hommes seul trouve chez la prostituee ce que la femme qui n’ont pas devrais leur donner un moment de plaisir ;qu’en serait’il si elles etaientt pas la plus de viols surement car un homme frustre cote sexe un jour risque de devoir coute que coute assouvir un manque et qui peut pretendre qu’il ne le ferait pas sur une enfant une femme ou un autre hommes pourquoi pas et ce en
pratiquant le viol et en laissant derrier lui une victime et ce alors que la prostituee aurait pu par ces services eviter ces risque
moi je dit que les prostituees sont un bien d’utilitee publique
jre respecte leur choix est leur dit merci car j’ai des enfants et je me dit que grace a elles ils aurons moin de chance d’etre violees et d’en garde de sequelles a vie
encore merci
mars 31st, 2008 at 11:52 pm
Moi je me pose beaucoup de questions sur ce sujet et je pense quil est delicat. Je pense que legaliser la prostitution ne ferait qu agraver limage de la femme, de plus je pense que la prostitution nest pas un metier dans le sens parceque le corps nest pas un objet. Legaliser la prostition donnerait a la prostition le nom du marche du sex. Cela donnerait une legitimite et un droit au proxenetes de gagner de largent en faisant travailler des femmes ou hommes comme prostitue(e)s. Pour moi cest inimaginable. Apres je nirais pas jusqua dire quil faudrait linterdire completement parceque cela amenerait les prostituees a ce cacher et cela entrainerait beaucoup plus de problemes de viols etc…Donc pour conclure je suis tout a fait daccord avec larticle ci-dessus. Le sujet est tres complique et je pense quil doit y avoir une vraie discussion pour envisager une solution. Merci de mavoir lu
avril 1st, 2008 at 12:31 pm
Au risque de me repeter (voir interventions sur l Espagne) dans un pays dit “de Droit” en principe tout ce qui n·est pas interdit est autorise (principe de 1789 )
donc il en est ainsi pour les clubs de rencontre en Espagne a condition que se soit “entres adultes consentants”et que personne d·autre que la fille ne touche
l·argent d·une prestation librement negociee Maintenant le debat sur le droit de preter son corps comme ses mains et ses bras pour un service est une affaire d·opinion est sont respectables ceux que cela revulse comme certains qui refuseraient de nettoyer les vieillards ou de faire pisser les manchots pourquoi ces derniers seraient ils des saints? et pourqoi pas! comme pour la religion ou l·atheisme on est en plein debat philosophique ! la prostitution de l·ame et de la pensee exite bien pour “des pisses copies” et des opportunistes en politique ou en affaires et des fois plus grave pour la societe parfois aussi dans les mariages de complaisance ou dans des rapports sexuels avec le patron ou le chef de service Alors rien n·etant parfait les lois existantes doivent etre appliquees s·il n·y a pas cooercition et exploitation Maintenant je vais terminer par un gag provocateur : il est plus facile a une femme d obtenire un rapport sexuel rapide qu·a un homme eut t·il le physique de G Cloney