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jul 14

A Lyon, battage policier sur le trottoir

Jeudi soir, la préfecture annonçait une opération contre les prostituées. Colère et flop.

Par Alice Geraud

Libération : samedi 14 juillet 2007 

Parfois, la méthode Sarkozy fait flop. Le nouveau préfet du Rhône vient d’en faire les frais. Jeudi soir, au lendemain de sa prise de fonction à Lyon, il a entrepris une opération de communication coup de poing contre les prostituées. Objectif : «Montrer qu’il y a des lois dans ce pays qu’il faut faire respecter.» Jacques Gérault, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, entendait marquer son territoire. «En arrivant dans cette ville, le problème de la prostitution est une des premières choses dont m’a parlé Gérard Collomb, le maire de Lyon. Je veux faire savoir que j’entends régler ce problème sans attendre.»

Rendez-vous.  Vers 19 heures jeudi, le service de presse de la préfecture appelle les journalistes locaux en prévenant qu’il va y avoir une grosse opération de police au Confluent, quartier du sud de Lyon où sont stationnées depuis des années près de 200 camionnettes de prostituées. Le rendez-vous est fixé à 20 heures. L’opération doit être conclue par un point presse du préfet, sur zone.

Peu avant 20 heures, une quinzaine de journalistes sont sur les lieux. Les policiers aussi. Ce soir-là, seules une vingtaine de prostituées sont présentes. Mais elles sont très en colère. Une femme hurle : «Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? Pourquoi est-ce qu’on vient nous filmer ? On n’est pas des animaux !»

Rapidement, alors que les camionnettes sont embarquées par la fourrière, les prostituées s’en prennent aux journalistes. «J’ai trois enfants, je suis aide-soignante en gériatrie. Je suis là parce qu’avec mon boulot, je gagne que 700 euros par mois. Vous croyez que j’ai envie de passer à la télé ?» interroge l’une d’entre elles.

Tutoiement.  Un policier lui demande de se taire en la tutoyant. Ce qui est visiblement la règle. Elles les vouvoient. Ils les tutoient. Ils se connaissent bien. Les embarquements à la fourrière sont réguliers. La méthode a largement fait la preuve de son inefficacité puisque les camionnettes réapparaissent à chaque fois les jours suivants.

Depuis que les prostituées ont été interdites de centre-ville par arrêté municipal en 2002, un marché de la prostitution s’est organisé dans cette zone en friche du sud de la ville. Les camionnettes sont alignées par nationalités (un trottoir pour les Africaines, un pour les Brésiliennes.). Jeudi, seule une quarantaine de véhicules ont été enlevés, sous les huées des prostituées. Certaines pleurent, d’autres engueulent les policiers. Gênés, les journalistes demandent au préfet pourquoi il les a appelés pour assister à cette opération peu glorieuse. Il répond qu’il n’a jamais voulu de médiatisation. «Mais vous nous avez pourtant convoqués par téléphone ?» «Non, absolument pas.»

Source Libération

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Une seule réponse à “L’ opération anti-prostituée de Lyon était un coup médiatique ?”

  1. rousseau Dit:

    J’ai vraiemebnt honte en lisant cet article. Etant moi même lyonnaise, je connais ce “problème ” de camionnettes dans le quartier de Perrache. Le pire dans tous ça, c’est que ça se passe dans l’indifférence générale. les seules qui vont pâtir de la situation sont les prostituées qui, de toute facon, vont continuer ailleurs. N’est il pas temps d’arrêter l’hypocrisie sur la prostituion et de rouvrir les maisons closes?

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