L’ancien policier tenait une maison de passe Colloque à Lyon le 4/6/2008 : Rapports sexuels et transactions marchandes
jun 22

 On peut trouver toutes sortes de raisons structurelles pour expliquer la condamnation que subit la prostitution. Dans un précédent articles, un intervenant décrivait ces facteurs : le conservatisme du pouvoir, l’influence sur l’ État de la pensée féminisme traditionnelle sur les sujets des moeurs, l’absence d’influence sur l’ État (car plus subversive) de la pensée néo-féministe favorable à la liberté de se prostituer, l’ État qui ne se dé-responsabilise de la condition des prostituées (puisqu’il est confortablement « contre »), la méconnaissance des solutions alternatives à la prohibition, la non prise en compte de l’opinion public sur les question des moeurs (habituelle dans les systèmes se déclarant comme « non populistes »). Toutes ces raisons, et d’autres, ont été brillamment développées dans l’article « Pouvoir, ordre et prostitution ».

Chacune de ces raisons correspond au « comment » de cette condamnation. Nous avons ainsi une sorte de mode d’emploi de la condamnation d’une pratique qui va au delà du thème de la prostitution, mais touche à la stratégie politique en général. A présent, il est intéressant de voir le « pourquoi » de cette condamnation. Dans un autre article intitulé « la stratégie du dégoût », l’auteur suggérait toutes sortes de « pourquoi » :

 

« (…) Ce qui dérange la société, c’est la prostitution en elle même. Ce qui est insupportable, c’est l’idée que des femmes fassent l’amour pour de l’argent, que des hommes s’émancipent des principes de séductions pour avoir du sexe. Du point de vu du marché, c’ est insupportable que l’argent qui circule sur le marché du plaisir aille du producteur au consommateur, sans passer par l’industrie de la vidéo, des sex-shop, des psychotropes, des établissements de nuit, des l’industrie du loisir, etc. Du point de vu de l’ État, insupportable est la difficulté de contrôler le flux financier inter-humains. Pour l’entreprise, ce qui est insupportable c’est l’idée qu’une prostituée ai une meilleur qualité de vie que certaine de leurs employées, qu’elles soient propriétaires de l’outil de production, c’est que les hommes n’aient pas ce taux de frustration nécessaire à une bonne productivité (ce taux de frustration qui leur donne envie d’avoir la voiture pour avoir la femme, et non pas 50 euros pour aller tirer son coup).(…) ».

Ces « pourquoi » appartiennent à l’ordre de l’intuition, comme peuvent en éprouver les philosophes, ces intuitions ne peuvent s’intégrer tel quels à un système de décision reposant sur des faits. Nous sommes dans le domaine de la philosophie, non pas dans celui de la décision politique. Pour que de tels pressentiments parviennent à changer la réalité, ils auraient besoin de passer du stade de l’intuition à celui du raisonnement, s’adossant sur des études sociologiques, historiques, anthropologiques, etc. Étudier, par exemple, comparativement le « profil » des sociétés et civilisations acceptant la prostitution et celles la rejetant pourrait être un bon début.

 

Aussi, le « pourquoi » généralement admis, justifiant la prohibition ou l’autorisation ne peut reposer sur ce genre de considérations intuitives. Le « pourquoi », étroitement lié au réel, a pris différentes forme dans l’histoire. Parfois, il se montra tolérant, parfois non, en fonction de la réalité des époques. Le « pourquoi » a longtemps été la Bible et son interprétation, à une époque où la religion était encore du domaine du réel. Cette Bible qui a, de manière alternative, condamné la prostituée au point de la châtier sévèrement, ou qui l’a accepté comme créature de Dieu au point de la protéger. Le “pourquoi” a pu être le « repos du guerrier ». Il a pu être aussi la « santé public ». Il a pu être « l’ordre social ». On remarque qu’un même « pourquoi » peut servir à prohiber ou à interdire, mais qu’on a toujours besoin de lui.

 

Aujourd’hui, le « pourquoi », c’est le proxénète. Figure haïssable, maudit parmi les maudits, le proxénète est celui qui, avec le violeur et le pédophile, mériterait de subir les pires outrages, même derrière les barreaux. Le proxénète est le noeud gordiens, le « pourquoi » qui sert à justifier tous les « comment » qui prohibent la prostitution. Il revient constamment, comme le croquemitaine. On ne condamne plus, officiellement, ces pauvres filles qui ont l’inconscience de coucher pour de l’argent, on ne condamne pas encore tout à fait les clients, qui après tout, sont des gens comme vous et moi. Si on condamne la prostitution, ce n’est pas une question de moralisme, ni une question d’ordre social, vous n’y êtes pas du tout ; c’est une question de lutte contre l’ exploitation humaine. La prohibition, c’est de l’ humanitaire.

 

Prenons la définition de « proxénète » : « Qui tire profit de la prostitution d’autrui ou la favorise ». Pour une définition plus précise, c’est au code pénal qu’il faut se référer.

 

La loi ne se préoccupe pas, quand il s’agit de condamner le proxénétisme simple, de savoir si le proxénète est exploiteur, escroc, violent, esclavagiste, etc. Nous sommes dans un autre domaine qui est « le proxénétisme aggravé ». Est proxénète celui qui simplement, « tire profit de la prostitution d’autrui ou la favorise ». Voilà pourquoi des hôteliers se retrouvent mis en cause pour avoir loué leurs chambres à l’heure, que des webmasters se retrouvent aux assises pour avoir réaliser les sites web de call-girls, que des types assurant la sécurité des prostituées (car c’est un métier à risque) ont fini en prison, que des propriétaires de bars libertins ont été ruinés, dépossédés de leur outil de travail, interdit de gérer une affaire, etc. Il y a même eu des affaires où des hommes rendant service gratuitement à une prostituée (un client attaché à une prostituée qui lui prête un local pour lui rendre service par exemple) qui se sont retrouvés affublés du titre de proxénète. Dans ces affaires, il ne s’agit pas d’exploitation d’autrui, de contraintes exercées sur les prostituées, de trafique d’être humain ou autres. Juste de «tirer profit ou favoriser la prostitution». Car le proxénétisme, quelle que soit la façon dont il est exercé, c’est de toutes façons, mal. Même s’il rend un réel service à la prostituée, lui permettant d’avoir une vie plus digne et plus sécurisée, c’est interdit, point barre. La loi, c’est la loi.

 

La condamnation du proxénète est ainsi le véritable verrou contemporain de la prohibition. Le système, d’une manière très élaborée et intelligente, a fait du proxénète le bouc émissaire. Quand le système a besoin de mettre un verrou, il en trouve toujours un. Et pour que le verrou soit encore plus solide, alors on lui donne la signification la plus large. Le proxénète n’est plus le souteneur qu’on croise dans les films policier, tenancier de bordel ou recruteur de filles, maintenant, il peut être publiciste, réceptionniste d’hôtel, barman, organisateur de soirée à thème, chauffeur de taxi, etc. Il suffit de très peu pour être proxénète. Juste “favoriser la prostitution“. Il suffirait sur ce site qu’une escort laisse l’adresse de son site web en commentaire pour que les responsables d’iprostitution puisse se trouver mêler à une affaire de proxénétisme…

 

[Faut il le préciser, c’est peut être le moment : Celui qui écrit ces lignes est contre l’exploitation de l’homme par l’homme, contre l’esclavagisme, contre la tromperie (qui consisterait par exemple à cacher la nature véritable d’une proposition d’emploi), contre l’escroquerie, contre l’utilisation de la violence et de la manipulation mentale, contre le harcellement moral et sexuel, contre l’impossibilité de quitter une activité, etc. Et accessoirement contre le SIDA et la misère dans le monde. Il considère que l’arsenal de lois luttant contre ces maux sont justes et légitimes.]

 

Coincé par cette condamnation unanime du proxénète, on en vient alors à la solution d’une prostitution sans proxénète. On s’approche alors d’ une conception de type marxiste : Les prostituées possèdent leur « outil de production » qui est leur corps, et de « leur force de production », qui est le temps, le savoir faire et l’effort. Que viendrait faire une tierce personne dans cette organisation, si ce n’est voler une partie du produit du travail ?

 

Si la prostituée ne peut pas faire appelle aux services d’ une tierce personne pour exercer (tierce personne qui effectuerait aussi un travail méritant rémunération), alors elle se voit obligée d’assurer seule toutes les étapes de « la production du service ». Ce service ne se limite pas qu’à faire l’amour avec des clients, il y a de multiples autres taches : Trouver le client, élaborer une image de marque, s’ assurer que le client paie le bon prix, lui faire respecter des règles de bonne conduite, se protéger des clients malveillants, avoir à disposition un lieu pour exercer, fidéliser le client, se mettre en valeur, etc. Pour la prostituée qui maîtrise toute la chaîne (qui sait se protéger, qui sait se faire connaître, qui sait négocier, qui possède son lieu de tapin et de coucherie, etc.), ce système sans proxénète peut être viable. Même si la prostituée pourrait être plus efficace en sous-traitant une partie de ces taches, en particulier les moins rentables, les plus compliquées, celles qu’elle maîtrise le moins ou demandant un gros investissement ou une répartissions des coûts entre plusieurs prostituées. Mais globalement, comme dans beaucoup de profession, être free-lance est possible.

 

Pour les prostituées moins polyvalentes, les priver de proxénète les dévalorise et les fragilise. Si la personne n’a pas la possibilité d’avoir son local pour exercer (elle n’en possède pas et ne trouve pas de personne qui prend le risque de lui en louer un), alors elle ne pourra pas offrir des prestations à haute valeur ajoutée, étant condamné à exercer dans des voitures, cages d’escalier, etc. Si elle n’a pas le talent pour négocier le prix et la prestation, ni l’énergie suffisante, et que personne ne s’occupe de cette tache pour elle, elle risque de se faire régulièrement « rouler dans la farine » (il est assez aisé pour un client d’avoir une fille au rabais quand celle si est isolée), si elle ne sait pas se défendre (verbalement ou physiquement), elle court un danger constant, si elle ne sait pas tapiner efficacement ou se mettre en valeur dans la rue, personne ne viendra l’aider, si elle n’a pas la condition physique des filles de la rue de la nuit, elle risque de se détruire (alors qu’elle serait peut être mieux à travailler de jour dans un salon de massage tenu par un proxénète par exemple), etc.

 

Ainsi, le proxénète a une véritable utilité quand il intervient sur les points citées plus haut. Il peut permettre aux prostituées de travailler dans de meilleurs conditions, gagner plus que si elles travaillaient seules, optimiser leur activité, etc. Bien sûr, il ne s’agit pas aux personnes de les obliger à avoir un proxénète, il s’agit de les autoriser à en avoir un si elles le souhaitent, si elles jugent  que c’est avantageux pour elles. Pouvoir louer, pouvoir bénéficier d’une clientèle régulière, pouvoir être protégée, pouvoir être assistée, etc. Tous ces services qui apportent de la valeur ajouté à la prostituée et que ceux qui sont qualifiés de proxénètes savent apporter.

 

Dans tous les pays où la prostitution est autorisée, il y a des prostituées sans proxénète et d’autres avec. En Suisse par exemple, il y a des filles de rue et des filles qui travaillent en salon. En Allemagne aussi. Dans ces pays, n’est pas condamné celui ou celle qui loue un studio à une prostituée, qui possède un salon de massage ou un sex-center, qui fait de la publicité pour des escorts, qui travaille en tant qu’ agent de sécurité dans un bar à filles, etc. Ils sont des prestataires de service, soumis à la concurrence, tenus de respecter les règles de leur profession et du code civile et commercial. Si la prostituée n’est pas satisfaite de leurs services, elle change librement de prestataire.

 

Le proxénète n’est pas un être fondamentalement mauvais. Il est util aux prostituées et peut même être un intervenant majeur pour lutter contre la prostitution sous contrainte. Comme dans toutes professions, un proxénète respectueux des lois et soucieux de défendre son activité ne peut pas tolérer que des proxénètes sans scrupules viennent ternir sa profession en ne respectant pas les lois (que lui respecte). Le proxénète légal peut ainsi être en première ligne pour lutter contre le proxénétisme aggravé, reposant sur l’exploitation d’autrui et la clandestinité, qui dévalorise sa profession et lui fait une concurrence déloyale.

 

Cette réhabilitation sociale du proxénète est une nécessité si on souhaite, un jour, en France, que la prostitution soit normalisée. Il faudra alors donner un statut au proxénète, fixer les règles de cette profession, la contrôler, etc. pour lui donner un champ légal. On ne peut pas offrir des conditions de travail normales aux prostituées tout en leur refusant de se faire aider par des prestataires externes si elles le veulent. Si elles ne peuvent pas louer une chambre, ni travailler en salon ou dans un bar, ni se payer de la publicités, ni bénéficier d’une sécurité privée, ni se faire envoyer des clients par une personne tierce, ni partager un local avec d’autres personnes, ni beneficier d’infrastructures, ni bénéficier d’ aucun service venant de personnes considérées aujourd’hui comme proxénète, alors  elle resteront dans cet état de marginalité et d’inertie qu’ elles vivent actuellement en France.

Cette condamnation aveugle et systématique du proxénète est la raison principale du blocage de la situation de la prostitution Française. La lutte contre le proxénitisme justifie toutes les brimades et vexations que la prostituée subit. En réhabilitant le proxénète, on réhabilite aussi la prostituée.

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2 Réponses à “Eloge du proxénète.”

  1. zahia Dit:

    ge pense ke les proxenetes come tou directeur d entreprise essai d ogment sa rentabilit o detrimen de c victime mai le seul chose regrétabl c l esclavagism de c prostitué sinon je pense ke dan la plupar d profession ya toujour d transgression de loi d fraude detournemt de fon d crimme contr l humanit dan certaine profession de l illégalit dan ce ca la il reste bocou de chose a chang politikemt

  2. profdezahia Dit:

    Bon … essayons le même style que “zahia” :

    ge panse ke cet artikle ai un eloje de tou ces orrible proxenetes ki devrai aitre juger par le tribunnal painal internationnalle pour crimme contr l humanit ….

    oufffff … vraiment difficile d’écrire de cette façon. Bref, juste pour dire que si les politiques, magistrats et autres qui devraient se pencher sur le sujet de cet article ont le même niveau que “zahia” … on est pas près d’avancer ;-)

    “Un peu” de dérision je l’avoue … mais, mis à part notre belle langue française dénaturée par un tel commentaire, les pensées des politiques en la matière ne doivent pas être beaucoup plus claires vu l’état d’incroyable hypocrisie qui règne en France et dans d’autres pays. En applicant strictement la loi française en la matière (et il me semble avoir bien lu), n’importe qui “profite” de l’argent d’une prostituée (que ce soit son boucher, son boulanger, son avocat, etc) et est donc de ce fait un “proxénète” …

    Et le fisc dans tout ceci … et bien non! Seul l’Etat a le droit de profiter des revenus de la prostitution et surtout ne rien offrir en retour…

    Donc, je me pose simplement la question : de quel droit un autre “prestataire” (un vrai, pas un qui ne fait qu’encaisser) ne pourrait-il pas être au service d’une prostituée et rétribué par elle?

    [bien entendu l’exploitation, la prostitution forcée, la traite … tout simplement l’esclavage … n’entre pas dans ce débat … mais comme une prostituée est de fait une victime, même si elle choisi librement cette activité, comment voulez-vous avancer dans ce dossier?]

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