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jun 18

Prostituée QuebecLe “cas” Nord-Américain ne s’améliore pas. Pas une semaine ne se passe sans que nous viennent des nouvelles alarmantes sur la chasse aux prostituées et à leurs clients, que ce soit aux Etats-Unis ou au Canada. Cette fois-ci, c’est la ville de Quebec qui a décidé de passer le cap de la pénalisation du client : 

Prostitution de rue: la police s’attaquera aux clients

Baptiste Ricard-Châtelain pour Le Soleil
Après les prostituées travaillant sur le trottoir, les policiers de Québec s’attaqueront maintenant à leurs clients.

Au grand dam de l’organisme Point de repères qui offre condoms, seringues et soutien, notamment aux travailleuses du sexe. « Ça ne règle pas nécessairement le problème. »

Voilà des années que la répression est utilisée, pourtant la prostitution s’expose toujours dans la rue, observe le directeur général, Mario Gagnon. « Ce n’est pas une solution, ça n’a jamais marché. » Pourchassés, clients et péripatéticiennes s’éloignent, se dispersent. « Ça isole les filles. […] Elles sont très à risque de violence. »

Si les clients ne se présentent plus, les consommatrices de stupéfiants du groupe auront quand même besoin de leur dose. Peut-être devront-elles commettre des méfaits, regrette-t-il.

La plupart de la vingtaine de femmes récemment arrêtées sont interdites de séjour dans le quartier Saint-Roch, justement où Point de repères les rencontre, enchaîne M. Gagnon. Cela complique son intervention et déplace le « problème » chez les voisins.

Il est temps que les forces de l’ordre, les commerçants, les résidants et les groupes communautaires s’assoient à la même table, avance-t-il. Sans quoi le dossier ne sera jamais réglé, selon lui. Sa solution ? Délimiter un secteur « de tolérance » où les femmes pourraient travailler.

« Les arrestations ? Ça les déplace », abonde Anick Gagnon, intervenante au Projet intervention prostitution Québec, le PIPQ. Elles descendent vers Limoilou, migrent vers Saint-Sauveur.

Mme Gagnon convient que la prostitution de rue est « visible », « dérangeante ». « Ça dérange les résidants, les commerçants ». Les agences d’escortes, dissimulées dans les petites annonces des journaux, sont moins ciblées par les policiers.

Projet « Filles de rue »

«On veut redonner la paix aux citoyens», explique Sandra Dion, agente aux communications au Service de police de la Ville de Québec. La présence des travailleuses du sexe sur les trottoirs du centre-ville importune : des femmes et des adolescentes se font aborder, la circulation automobile s’accroît, assure-t-elle.

La répression porte ses fruits, garantit la policière. Le projet « Filles de rue » se poursuit donc. « On était concentré sur les prostituées. Maintenant, on va se concentrer sur les clients. »

Retenir les services sexuels d’une personne dans un endroit public est une infraction criminelle, fait valoir Mme Dion. Le client est passible de 6 mois de prison ou de 2000 $ d’amende. Lors des deux dernières opérations, plus ou moins 20 prostituées ont été appréhendées. Les policiers s’attendent à intercepter à peu près autant de clients cette fois.

Sandra Dion souligne par ailleurs, que les agents ont distribué un dépliant à une cinquantaine de femmes. On y trouve les coordonnées du PIPQ, de Point de repères, du CLSC Basse-Ville et de la Maison de Lauberivière.

Source : Le Soleil

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