Un lecteur d’ iprostitution qui tient pour le moment à rester anonyme ( il s’est marié récemment selon le rite catholique et ne souhaite pas que le nom de sa petite famille apparaisse dans Google ) est sociologue, linguiste et directeur de stratégie dans une des plus grosse société de communication internationale, dont le siège se trouve à Paris. Habituellement il conseille les entreprises sur leur positionnement marketing, sur leur image de marque, sur leur stratégie de communication, etc. Il fait parti des cadors de sa profession. On lui a demandé de nous fournir son analyse sur l’état de la prostitution en France. Il nous envoie de passionnant rapport.
Rapport «État de la normalisation de la prostitution en France »
Objet : Note d’ étude de positionnement stratégique sur le concept de normalisation de la prostitution en France. Cerner, analyser et mettre en perspective les facteurs d’évolution du concept de la normalisation de la prostitution en France. Où en est la normalisation de la prostitution en France ? Où va t’ elle ?
Références et données : Entretiens avec les membres fondateurs d’iprostitution.org, sites web sur la prostitution, tant « anti » que « pro », revue de presse d’iprostitution, sites de l’assemblée nationale.
Diagnostique sur l’idée de la normalisation de la prostitution
Le corps législatif/executif
Les données à notre disposition, à travers les textes de loi et les programmes politiques des partis majoritaires nous montre que la prostitution est globalement considérée, par le corps législatif et exécutif, comme une activité à combattre. Les arguments étant la lutte contre le proxénétisme, l’ordre public, l’hygiène/santé, et même l’immigration. La limite de ce combat antiprostitution étant à chercher dans la déclaration des droits de l’homme, offrant à l’individu la pleine propriété de son corps, qui empêche théoriquement à l’exécutif d’interdire aux gens d’utiliser leur corps pour se prostituer. Cependant, la déclaration des droits de l’homme étant un concept assez flexible qu’il est possible d’interpréter de multiple façons, elle ne joue pas complètement un rôle de rempart contre l’interdiction pure et simple de la prostitution. L’ exemple de la Suède, très prohibitionniste en la matière, et reposant aussi sur la défense des droits humains fondamentaux, est observé de très près par le camps prohibitionniste, qui voudrait étendre l’exception suédoise aux autres sociétés. Bien que patrie des droits de l’homme, la France n’est donc pas à l’abri de la prohibition totale. Le paysage prostitutionnel français s’y approchant même. D’ après les données en notre possession, il est très difficile en France, plus qu’ailleurs, d’exercer le métier de prostituée convenablement. A défaut d’interdire la prostitution ( en l’état des pratiques politiques actuel, ça serait considéré comme anticonstitutionnel), les pouvoirs public préfèrent rendre ce métier difficile.
Une partie du corps législatif/exécutif semble néanmoins favorable à une normalisation, cependant, cette partie est marginalisée et n’ose pas se manifester. On se souvient du tollé provoqué par Mme de Panafieu lorsqu’elle avait évoqué l’idée de réouverture des maisons, on peut aussi se référer aux débats entourant la loi sur la sécurité intérieur de 2003, où par exemple Noël Mamère s’était fait traité d’esclavagiste en pleine assemblé pour simplement avoir soulevé le droit qu’avaient les femmes de se prostituer dans les centre ville (et pas seulement dans les périphéries).
Il semble que pour un homme politique, défendre la normalisation de la prostitution soit dangereux pour sa carrière. C’est un thème qui rend les hommes politiques vulnérable vis à vis de leurs adversaire, qui pourront facilement se moquer d’eux, utiliser de la démagogie contre eux, se faire passer pour défenseurs des femmes à leurs dépends, etc.
Le corps social
Dans le corps social par contre, la normalisation de la prostitution semble être une idée beaucoup mieux acceptée. Dans une société où les médias et le pouvoir diffusent une image essentiellement victimaire et délinquante de la prostitution et où c’est un point de vu féministe classique prohibitionniste qui domine, on peut être étonné du sondage CSA de 2002 (lien en fin de texte), où on relève par exemple que seul 10% des Français considèrent le système actuel comme bon ou que 66% sont pour la réouverture des maisons closes (64% des femmes sont pour, seulement 30% sont opposées, les autres ne savent pas). Beaucoup d’autres données de ce sondage confirment que le sujet de la normalisation n’est pas tabou dans la société française et semble acceptable, même si la prostitution est condamnée moralement..
A ce sondage, on peut aussi se référer aux débats que l’on trouve sur les forums internet généralistes, où il ressort l’idée majoritaire généralement admise que la normalisation est la solution pragmatique, la moins pire. (voir quelques liens en fin de texte)
Pour se faire encore une idée de l’opinion public sur ce sujet, il suffit aussi de lancer le débat autour de soi, demander simplement l’avis de ses connaissances hommes et femmes sur le sujet sans essayer de les influencer. On est souvent étonné de constater que la majorité des gens sont alors pour la réouverture des maison, pour la reconnaissance du rôle social et sociétal des prostituées, pour qu’elles aient les mêmes droits que n’importe quelle profession, etc. C’est une tendance générale assez nette.
Le décalage corps politique/corps social
Il peut ainsi sembler paradoxale qu’il y ai un tel décalage entre l’opinion public et le pouvoir législatif et exécutif en matière de prostitution. En effet, si l’idée de la normalisation est si bien admise dans la société, pourquoi le pouvoir politique, qui repose sur le vote, ne suit pas l’opinion sur ce thème ? Comment se fait il par exemple qu’une idée comme la réouverture des maisons, qui est approuvée par exactement les deux tiers des gens, n’est défendue par presque personne à l’assemblée et dans les ministères, comme si l’assemblée et le gouvernement n’étaient pas représentatifs du peuple sur ce point ?
La première réponse pourrait être que les professionnels de la politique sont mieux informés que la population sur la prostitution. Sur les sujet très complexes (macro-économie, stratégie militaire, diplomatie, identité, éthique d’état, etc.) il peut être concevable que les professionnels de la politique soient en opposition avec l’idée dominante, ayant une expertise plus poussée que le commun des mortel et une vue d’ensemble que les simples citoyens n’ont pas forcément. Cette opposition étant bien souvent temporaire et ne fait jamais l’unanimité parmi le personnel politique.
Par contre ce cas de figure ne s’applique pas sur un sujet de société comme celui de la prostitution. Les dirigeants politiques n’ont pas de raisons idéologiques ou techniques ferme de se montrer aussi opposés à la normalisation de la prostitution. Dans l’opinion et les associations, il y a des « pour » et des « contre », dans les grandes démocraties d’ Europe il y a différentes forme de législation sur la prostitution servants de références, nous avons de plus un certain recule historique permettant de faire le bilan des différents systèmes, etc. il est troublant de ne pas retrouver ces tendances dans les débats à l’assemblée et dans les décisions politiques. Au contraire, le système politique, unanimement, paraît résolument opposé à la normalisation, assez pour éviter le débat, tenter d’attaquer politiquement ceux qui défendent cette cause, éviter d’aborder même la question (d’après les textes de l’assemblée national, les seuls qui prennent le droit de s’exprimer sur le sujet de la prostitution sont les députés prohibitionnistes, pour réclamer des mesures contre les diverses formes de prostitution). La raison d’une expertise supérieur qu’aurait le pouvoir législatif et exécutif sur le sujet de la normalisation de la prostitution, qui expliquerait cette opposition unanime, est à écarter. La normalisation n’étant ni anticonstitutionelle, ni spécialement technique ou complexe, ni contre l’éthique des droits de l’homme, etc. il n’y a pas de raison de refuser le débat sur ces points. L’absence même de débat, de rapports, de question à l’assemblée, de concertation, etc. sur le thème de la normalisation excluent que le pouvoir, s’étant penché sérieusement sur la question et ayant déterminé des raisons irrécusables, ai décidé de mettre son veto en dépits des opinions. On rejette donc cette option d’une expertise supérieur de l’ État sur le domaine de la prostitution.
La seconde raison expliquant la raison de ce décalage opinion/pouvoir serait une pression des lobbies antiprostitution. Les associations féministes classiques ont une très grande influence sur la législation actuelle de la prostitution. Toutes les lois actuelles de lutte contre la prostitution viennent de certains lobbies féministes. A signaler que cette influence féministes est assez récente, la législation sur la prostitution était jusqu’au milieu du vingtième siècle plutôt influencée par les idées hygiénistes et par les garant de l’ordre. Le milieu de la médecine et la police étaient plutôt défavorables à la fermeture des maisons en 1946.
Les féministes classiques antiprostitution considèrent que la prostitution est un esclavage qu’il faut combattre par tous les moyens. C’est cette branche du féminisme qui a le plus d’influence sur le corps politique depuis la fin de la guerre. On peut citer Marthe Richard, instigatrice de la fermeture des maisons, l’association Le Nid, crée par un curé dans les années 50, association particulièrement influente qui soutient la prohibition, et aujourd’hui, l’association féministe la plus connue est « les chiennes de garde », qui se considère comme garante de la ligne féministe orthodoxe, radicalement prohibitioniste. Cette ligne féministe classique est la ligne traditionnelle et officielle à laquelle les politiques sont habitués.
Cette branche traditionnelle du féministe étant à l’origine de toutes les lois actuelles et étant installée depuis les années 40-50 en France, elle éclipse les autres branches du féminisme favorables à une normalisation, apparues à partir du début des années 70. Ce néo-féminisme est moins convenable que les bonnes oeuvres classiques ou que le féminisme bourgeois à la Simone de Beauvoir, aussi a t’il plus de mal à s’imposer dans les strates du pouvoir (un collectif de prostituées actives a moins de chances de parler prostitution avec un ministre qu’ une association fémino-hygiéniste vieille de cinquante ans).
Cette influence des lobbies féministes traditionnels peut expliquer l’attitude conservatrice de l’état sur la question. Ces lobbies sont pratiques ; Les hommes politiques et la fonction public en général sont habitués à traiter avec eux, ils suivent leurs recommendations depuis 60 ans, il n’y a aucun risque politique à donner une subvention pour la prise en charge des personnes voulant sortir de la prostitution, ni de condamner la prostitution dans son principe, il n’y a pas de remise en cause profonde du système en place, le politique arrive à se dédouaner de la condition des prostituées de France, etc. Il serait beaucoup plus inconfortable par exemple de légiférer pour améliorer les conditions de travail et la reconnaissance sociale des prostituées, comme le demandent les néo-féministes.
Comme on l’a vu jusqu’ici, l’attitude des politique à persister dans une lignée plutôt prohibitionniste n’a pas pour origine une demande de l’opinion. On a souligné que l’idéologie féministe traditionnelle (le féminisme officiel) pouvait avoir une influence. On a aussi souligné que la simple force de l’habitude, la paresse politique, pouvait avoir une influence déterminante. Cependant, une autre cause, déjà évoquée rapidement plus haut, semble encore plus importante que l’influence du féminisme et de l’habitude sur la volonté prohibitionniste. C’est la vulnérabilité ce celui qui veut normaliser la prostitution face à ses adversaires politique.
On peut supposer qu’au fond, le personnel politique français reflète, globalement, l’opinion public sur la prostitution. On ne fait que supposer cela car il semble impossible, aujourd’hui, d’avoir l’opinion franche des hommes publics politiques sur la question de la prostitution, qui est un tabou politique. On suppose que, comme pour l’ensemble de la population, les individus qui font de la politiques pensent généralement qu’il faudrait légaliser les maisons, que la prostitution c’est vilain mais que faut faire avec, que donner un statut à ces prostituées, leur permettre d’exercer dans de bonnes conditions serait la moins pire des solutions, que celles qui veulent travailler en salon, dans des bars, dans un studio loué, etc devraient avoir le droit de le faire, qu’elle ne devraient pas être condamnées à la rue et aux camionnettes dans les périphéries comme aujourd’hui, etc.
Hors les politiques ne veulent pas défendre ce point de vu, car rien n’est plus facile pour un adversaire que d’attaquer là dessus, au besoin en usant de démagogie, de moralisme ou d’attaque personnelle. On a pu constater cela dans les discussions sur le thème de la prostitution entre de nombreuses personnes et aussi en lisant les débats qui ont lieu régulièrement dans les diverses assemblées (national, européenne, colloques, forum, etc.). A partir du moment où on défends la thèse de la normalisation de la prostitution, bien que la grande majorité des gens soient d’accord (et en particulier les personnes concernées), il suffit qu’il y en ai un qui veuille déstabiliser le défenseur de la normalisation pour qu’il puisse le faire très facilement. Sous-entendre que le défenseur de la normalisation fréquente des prostituées, que c’est suspect d’avoir des idées aussi iconoclastes, qu’on n’a pas de coeur face au drame de l’esclavage sexuelle, que notre façon de considérer la femme est dégradante, qu’on est misogyne (puisque opposé aux idéologies du féminisme officiel), qu’on ne peut pas comprendre ce que c’est, qu’on est rétrograde, etc. Si on use alors d’arguments plus élaborés et force de conviction, on devient encore plus suspect, encore plus bizarre ; « Donc, monsieur/madame a beaucoup réfléchi à la question… comme c’est louche ». Défendre la prohibition procure plus de confort, de facilité et de clarté dans les débat, alors que défendre la normalisation, plus subtile et paradoxale (car on peut condamner moralement la prostitution tout en souhaitant l’autoriser) est plus difficile à défendre.
Il est facile d’imaginer ce que serait un débat à l’ Assemblée Nationale, en 2007 en France, sur le thème de la normalisation. Ceux qui défendraient cette thèse seraient taxés de tous les maux, se feraient traiter de sexiste, de coeur sec, de pervers, d’esclavagiste, etc. La transcription des débats de 2002-2003 sur le volet de la prostitution de la loi de sécurité intérieur est une bonne illustration. Il est alors très difficile de répondre à ces accusations, les accusateurs ont la posture du défenseur des opprimés, peuvent même se faire passer pour de courageux politiques n’hésitant pas à aller à l’encontre de l’opinion public, proposent des solutions simplistes, ont la bonne morale de leur côté, etc. La rhétorique est clairement du côté des prohibitionnistes. Pour un politique, aller sur le terrain de la normalisation est aujourd’hui téméraire, et ça ne lui apporte pas grand chose électoralement, même en remportant sa cause ( aucun homme politique ne veut laisser son nom à une loi autorisant les lupanars)
Ainsi, le traitement par le politique de la prostitution en France est un cas d’école tout à fait remarquable et révèle un dysfonctionnement majeur de l’appareil d’état ; La normalisation est une thèse tout à fait valable techniquement et philosophiquement, elle est approuvée par la population et l’ensemble des prostituées, adoptée par de grandes démocraties, on a du recul, le personnel politique n’ a aucune raison, autre que purement politicienne, d’écarter un débat sur ce thème, et on peut déduir que sur le sujet, individuellement et secrètement, la majorité des hommes politiques partage les opinions du reste de la société. En même temps on constate que la situation des prostituées en France est calamiteuse et que la posture prohibitionniste ne donne satisfaction à personne et ceci depuis longtemps. Et pourtant, le pouvoir persiste à préserver ce modèle et se retrouve paralysé sur cette question, ou ne semble pouvoir aller que vers plus de prohibition. Le débat semble biaisé d’avance. Les personnalités favorables à la normalisation sont, à juste titre, tétanisées sur ce sujet par leurs adversaires, qui ont alors le monopole des décisions. Nous assistons là à un blocage politique Français.
Pronostique sur l’idée de la normalisation de la prostitution :
Reprenons rapidement les points qui ont été soulevés et qui décrivent la situation de la normalisation de la prostitution.:
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L’opinion public est plutôt favorable à la normalisation.
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L’ appareil d’état est complètement figé sur la prohibition.
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Le féminisme traditionnel est le support des politiques sur la question de la prostitution.
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Le néo-féminisme, favorable à la normalisation, n’est pas très représenté par les politiques.
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Le stand-by et la prohibition en matière de prostitution sont des solutions plus confortable pour le personnel politique.
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Les prohibitionnistes ont un avantage rhétoriques.
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Les adeptes de la normalisation sont vulnérables dans les débats.
A ces remarques qui ont été jusqu’alors soulevées, rajoutons quelques observations afin de décrire au mieux le paysage prostitutionel en France :
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Les medias (presse, TV, cinéma) Français ne parlent de prostitution que pour la dénoncer.
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La façon dont se passe la prostitution en France est particulièrement scabreuse par rapport à ses voisins.
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La plupart des gens ignorent que la France est un des seul pays prohibitionniste de fait en Europe.
Comme on l’a vu, les obstacles pour aller vers la normalisation sont nombreux et importants. Pour que la normalisation ai lieu, on déduit qu’ il est nécessaire que les conditions suivantes soient réunies :
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Soutient de l’opinion : Que l’opinion public continue de soutenir l’idée de la normalisation. On constate aussi dans l’opinion, par l’influence des médias, une tendance à la victimisation des prostituées et à une condamnation morale du client et de la prostitution en général. Aller dans le sens de la normalisation demande à ce que l’opinion considère clients et prostituées comme des gens ordinaires, non comme des marginaux ou des déviants, et que la prostitution, en tant que pratique sexuelle et professionnelle, soit aussi acceptée moralement.
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Débloquage du pouvoir : Que le pouvoir exécutif et législatif soit débloqué sur la question de la normalisation. Le déblocage pourra avoir lieu quand les arguments antiprostitution seront considérés comme démagogiques et, plus encore, comme néfastes aux prostitués, à la société française et à l’idée des droits de l’homme, et quand les arguments de normalisation auront acquis leur lettres de noblesse;
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Perte d’influence du féminisme traditionnel : Que le féministe traditionnel perde de son influence. Persuader l’opinion public et les décideurs que le féminisme à l’ancienne est en parti obsolète. La remise en question profonde du féminisme traditionnel sur les questions de la prostitution doit se poursuivre jusqu’à rendre à ce courant idéologique sa place naturelle minoritaire (puisque correspondant à une sensibilité minoritaire).
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Gain d’influence du néo-féminisme : Que toute sa place soit donnée au néo-féminisme, favorable à la normalisation de la prostitution. Que ce courant devienne le courant de référence du féminisme. Qu’il soit considéré à terme comme politiquement correct et non plus sulfureux.
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Prise de conscience de la situation dramatique causée par la situation actuelle : Que la situation de la prostitution en France, telle qu’elle est actuellement, soit enfin considérée par la société et les décideurs comme accablante, intolérable, inacceptable. Que ce sujet soit considéré comme important et non pas accessoire. Que la société prenne conscience que les pouvoirs publics sont responsables de cet état de fait, de sorte que la position conservatrice prohibitionniste soit moins confortable que la position novatrice de la normalisation.
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Combat contre la rhétorique prohibitionniste : Que la démagogie employée par les prohibitionnistes (ou ceux qui se déclarent comme tel par stratégie politicienne, pour contrer un adversaire politique par exemple) soit détectée et efficacement combattue. Pour cela, le public doit acquérir une certaine culture sur les solutions de la normalisation lui permettant de détecter la démagogie, et ceux qui défendent la solution de la normalisation doivent élaborer les arguments nécessaires.
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Réappropriation du pouvoir par la société civile : Que le corps social, et les prostituées particulièrement, aient un pouvoir de consultation et de décision sur la prostitution. Il est nécessaire que le système admette que la prostitution est une question sociétale qui est l’affaire des prostituées et des citoyen en général. Les technocrates, les hommes politiques et les groupes de pression, sur un sujet de société tel que celui ci, doivent savoir s’effacer face à la volonté de la population et des principaux concernés.
Voilà les septs conditions sine qua non pour arriver à la normalisation de la prostitution dans l’environnement français.
Alors survient la question fondamentale ; « Que faire ? ». C’est là une vaste question qui mériterait bien des exposés, beaucoup d’imagination et de dynamisme. Les éléments fournis ici ne peuvent servir que de point de départ à d’autres travaux. On peut déduire que le combat aura lieu sur de multiples fronts, que c’est un combat culturel, politique et de simple bon sens, qu’il faudra communiquer, convaincre, mais aussi se battre clairement contre certaines méthodes ou formes de pensée (paradigmes) qui entourent la prostitution. Agir sur ces sept points névralgiques cités plus hauts, méthodiquement, énergiquement et durablement, telle est la règle du jeu. Rien ne permet de dire quand la partie sera gagnée. La société française est capable de prendre 20 ans de retard sur certains sujets et d’avoir 2 ans d’avance sur d’autres. Elle peut maintenir des conservatisme indéfiniment et par sursaut les annuler du jour au lendemain. Cependant, il est possible que la situation en matière de prostitution en France soit proche du point de rupture. La société semble être prête au changement sur ce thème là, les blocages sont identifiables et le politiquement correct en général semble de plus en plus critiqué dans la société. Le personnel politique est aussi en train de se renouveler profondément. Tout devient possible.
Annexe :
Sondage sur la prostitution : http://www.csa-fr.com/dataset/data2002/opi20021023d.htm
Questions posées à l’assemblée national : http://www.questions.assemblee-nationale.fr/
Entrez le terme « prostitution » pour voir la nature des questions posées à l’assemblée national sur ce thème. La plupart des questions vont dans le sens de la prohibition.
Quelques débats informels sur la prostitution qu’on trouve sur le web généraliste:
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20070604065109AANSbjX
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20070528140936AANcjoW
Ces débats reflètent bien de la réalité française, une majorité des gens sont favorable à la normalisation, avec des nuances et une minorité qui est opposée.
septembre 18th, 2007 at 5:24 am
je suis en faveur d ‘une normalisation de la prostitution en france et pour la réouverture controlée des maisons closes. Cette mesure ne pourrait a mon sens qu’améliorer la situation actuelle qui ne prone que des solutions repressives empirant encore les conditions de travail des prostituées…en plus des avantages sanitaires, du controle de l’état sur les conditions de travail des prostitués et sur leur protection sociale, cette mesure entrainerai a coup sur une baisse des délits et agressions sexuelles sur le territoire…c’est une évidence.
novembre 17th, 2007 at 8:44 am
[…] On peut trouver toutes sortes de raisons structurelles pour expliquer la condamnation que subit la prostitution. Dans un précédent articles, un intervenant décrivait ces facteurs : le conservatisme du pouvoir, l’influence sur l’ État de la pensée féminisme traditionnelle sur les sujets des moeurs, l’absence d’influence sur l’ État (car plus subversive) de la pensée néo-féministe favorable à la liberté de se prostituer, l’ État qui ne se dé-responsabilise de la condition des prostituées (puisqu’il est confortablement « contre »), la méconnaissance des solutions alternatives à la prohibition, la non prise en compte de l’opinion public sur les question des moeurs (habituelle dans les systèmes se déclarant comme « non populistes »). Toutes ces raisons, et d’autres, ont été brillamment développées dans l’article « Pouvoir, ordre et prostitution ». […]