jun 29

Performance de Valérie Berger sur la prostitution de femmes malgaches : Nuit Giratoire

La mise en scène de Nuit Giratoire ne se limite pourtant pas à dévoiler cet aspect déjà connu du tourisme des pays riches en quête de sexe dans les pays pauvres (Asie, Afrique, Amérique Latine, etc.) Il y a deux visions qui convergent dans le spectacle : la vision de la société malgache par rapport à la prostitution et celle de la société occidentale qui stigmatise le commerce sexuel. La société occidentale refuse aux prostituées le droit d’être reconnues, d’exister, leurs identités se construisent en marge de la société, dans l’anonymat total. A Madagascar, en revanche, il existe une acceptation sociale de la prostitution ainsi que de l’activité sexuelle précoce.

Le corps est donc au centre du débat : le corps en tant qu’objet d’échange, en tant qu’objet de désir, mais aussi le corps des prostituées comme manifestation de l’oppression patriarcale.

Les danseuses dans Nuit Giratoire réactualisent certains clichés des filles malgaches (dociles, soumisses) dans leur performance. Elles reproduisent les démarches corporelles des prostituées en même temps qu’elles construisent avec les paroles un discours autour du corps sexué de celles-ci : une voix féminine façon Marilyn Monroe dans Happy Birthday Mr. President, intimidante par sa désinvolture ou la voix empruntée à une star du porno, les prostituées deviennent sujets et non pas objets, elles parlent de leurs désirs ayant pleine conscience de leur position dans le schéma patriarcal … Il s’agit là d’une stratégie de subversion. Des corps dociles, certes, dans un monde patriarcal, mais des corps dociles en rébellion. Les femmes dans Nuit Giratoire ne sont pas des simples objets qui reproduisent des stéréotypes sociaux (putes, maîtresses, concubines) ou si elles le font, ce ne sont pas des copies parfaites. Elles s’approprient de la logique patriarcale pour la tourner à leur avantage. La subversion passe donc par cette inversion dans les rapports de domination/soumission, rapports qui jusqu’à alors avaient présenté la prostituée comme un simple objet d’échange, dépourvu de désir, d’identité, de parole.

Source : http://3totango.blogs.courrierinternational.com/archive/2007/06/20/nuit-giratoires.html

Valérie Berger travaille à la Reunion.

jun 28

Trailer (sous-titré en anglais) de THE GREAT HAPPINESS SPACE, documentaire sur un prostitué japonais, primé dans de nombreux festivals en 2006.

Tags: , ,

jun 27

ELLE. Après un viol, vous vous prostituez, et vous écrivez que cela a servi à votre reconstruction.

V.D. Enfin, ça a surtout été utile pour renflouer mes comptes ! Des choses très diverses m’ont servi à accepter que « ça » m’était arrivé. La prostitution a été une des étapes. On peut dire ça comme ça : chaque billet de banque me dédommageait. Pourtant, la prostitution n’est pas un viol tarifé, aucun rapport. Ma valeur marchande était devenue bien supérieure à celle que j’avais quand j’étais salariée. Je pouvais me prostituer cinquante fois à la suite, cela n’enlevait rien à mon prix. Au contraire, plus on se prostitue, plus on devient pro, et plus on prend de la valeur et l’on est recherchée. C’était une façon de renouer avec la féminité et la séduction de pétasse dont je parlais au départ. Avec la sensation d’avoir un travail qui sert à quelque chose. J’ai été touchée par l’humanité de certains hommes. J’imagine aussi que mener le jeu avec des artifices de femme fatale et provoquer beaucoup de désir me donnait l’envie d’être plus douce avec eux.

ELLE. « Quand les lois Sarkozy repoussent les prostituées de rue en dehors de la ville, […] il ne s’agit pas d’une décision allant dans le sens de la morale », dites-vous. Pourquoi ?

V.D. Le problème, c’est la sexualité masculine. Il faut que les hommes soient gênés et culpabilisés par ce qui les excite. Quand on entend les prostituées parler de leur travail, c’est incroyable ce que la police leur fait subir. On les punit, et, avec elles, tous les hommes qui veulent aller les voir. Une descente aux enfers. Ce n’est pas le travail en lui même qui est horrible, mais les conditions dans lesquelles on oblige les prostituées à l’exercer. Et c’est ça qui rend le travail dégueulasse.

ELLE. Vous n’avez pas une vision un peu idyllique de la prostitution ?

V.D. Si les prostituées pouvaient ouvrir des salons ou des cabinets, comme le font les esthéticiennes ou les psychologues, il n’y aurait pas autant de sans-papiers prostituées dans des conditions horribles. Sous prétexte de protéger les femmes, on les expose à toutes les brutalités.

ELLE. Vous dites : « La prostitution n’est pas une violence faite aux femmes, c’est le mariage qui en est une. » Le pensez-vous vraiment ?

V.D. Dans le mariage, on trouve quelque chose de proche de la prostitution. « Je me marie avec toi et tu me dois une satisfaction sexuelle. » Je rencontre souvent des filles qui couchent avec leur mec, non pas par envie, mais parce que ça fait partie du deal. C’est un service, gratuit, qu’il faut rendre à l’homme.

src : Interview de Virginie Despentes dans ELLE pour la sortie de son livre King Kong Théorie

Tags: , ,

jun 26

Dans l’emission ZONE INTERDITE sur M6 cette semaine :

Elles cherchent l’amour au soleil : Sur les plages de Saint-Domingue, c’est la parade amoureuse en toute saison. Des hommes jeunes et beaux affichent sans complexe leurs avantages en nature devant les femmes seules en vacances. Dans cette île des Caraïbes, où plus de la moitié de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, certains n’hésitent pas à vendre leur corps pour un repas ou une nuit d’hôtel. On appelle ces gigolos les « sanki panki ». Ils se font entretenir à longueur d’année par les touristes étrangères qui ont succombé à leurs charmes. De ce tourisme sensuel à la véritable aventure amoureuse, il n’y a qu’un pas. Certaines femmes assument avec fierté leur nouvelle relation. Comme Angel, une française de 25 ans. Elle a découvert ici ce qu’elle n’avait jamais rencontré chez un homme auparavant : la sensualité et la douceur. Quant à Giovanna, une avocate de 33 ans, elle rêve de rentrer en Italie avec son nouvel amant de 18 ans…
Reportage Sylviane Schmitt, Carole Gréco, Productions Tony Comiti
Redifusion ce soir à sur M6 à (mercredi 27 juin à 1h45)

Une enquête sur la prostitution masculine qui avait été déja abordé par l’emission ” Envoyé spécial” :

Tags: ,

jun 25

“Hors de prix” de Pierre Salvadori avec Audrey Tautou et Gad Elmaleh…

Nouvelle variante sur l’amour rémunéré, traité sur le mode de la comédie…Jean est serveur dans un palace, Irène est ce qu’on appelle pudiquement une aventurière intéressée…Une nuit, il est au bar, vêtu de son smoking de service, elle le prend pour un riche client… Le malentendu va se conclure sur l’oreiller…Au réveil, Jean entretien la supercherie, se fait passer pour ce qu’il n’est pas : un milliardaire…

Un petit jeu de faux semblants qui va avoir des conséquences immédiates…

L’ami d’Irène, un peu plus âgé qu’elle, se rend en effet vite compte de sa tromperie… Irène découvre alors que son amoureux d’un soir n’a pas un sou en poche…Elle-même sans un centime, elle cherche un nouveau protecteur, mais lui s’est pris au jeu des sentiments et la poursuit…

Irène va alors demander à son amoureux transi de remplacer celui qu’elle a perdu mais qui lui était riche…

Ce qui n’est évidemment pas le cas de Jean, lequel va vider ses comptes pour suivre le train de vie de sa belle…Au final, il ira même jusqu’à franchir le pas et devenir gigolo… La suite et la fin réservent d’autres surprises…”Hors de prix” est une comédie brillante, basée sur un sujet délicat : on parle - même élégamment - de prostitution…Le tandem Tautou/Elmaleh fonctionne à plein régime…Pétillant, frais et drôle…Une réussite saluée par plus de 2 millions de spectateurs…

Tags:

Close
E-mail It