Un gang de policiers véreux tombe près de Madrid A la télévision : “PROSTITUTION : LA FILIERE THAï” sur Planète
mai 31

“Péripatéticienne et écrivain.» Elle tenait à ce que ses deux professions figurent sur les documents officiels. Elle aurait pu ajouter «artiste-peintre», et «révolutionnaire». Emportée par un cancer le 31 mai 2005, Grisélidis Réal s’est battue pour la liberté de se prostituer et la revenducation d’un statut reconnu et respecté. La France ne l’a pas entendu dans les années 70, la Suisse, si.

Griselidis RealAMOUR ET RÉVOLUTION
La Passe imaginaire, Grisélidis parle de son quotidien partagé entre clients et engagement militant. Pour elle, «se prostituer est un acte révolutionnaire». Malgré les années difficiles, les souffrances et la violence, elle a toujours défendu sa liberté et revendiqué pour elle et ses consoeurs de pouvoir pratiquer leur «Art» en jouissant d’un statut reconnu et respecté. Née en 1929 à Lausanne, elle commence à se prostituer dans les années 1960, dans un bordel clandestin de Munich: divorcée, elle doit nourrir ses trois enfants – elle en aura quatre, «tous artistes», écrit-elle fièrement. En 1975, elle est l’une des meneuses de la «Révolution des prostituées» à Paris: 500 filles occupent la chapelle Saint-Bernard et réclament la reconnaissance de leurs droits. Grisélidis amènera sa «Révolution» à Genève en 1977, et ne cessera de se battre contre une société pétrie de morale hypocrite. Elle crée dans son appartement des Pâquis le Centre international de documentation sur la prostitution, et fonde en 1982 l’association de défense des prostitués Aspasie (Qui fête aujourd’hui même ses 25 ans), à Genève. Plus tard, elle combattra avec l’énergie qui lui reste «le Sarkozy» et sa loi régressive.

La reconnaissance dont elle bénéficie – interventions publiques et dans les médias, travaux de diplômes d’étudiants en sciences sociales –, ne l’empêche pas de continuer à pratiquer son métier. Dans les lettres de La Passe imaginaire, Grisélidis raconte aussi comment elle accueille chez elle, avec musique et bougies, ses clients turcs, portugais, suisses ou espagnols. Visiteurs d’un soir ou fidèles depuis des années, ils dessinent un portrait de la solitude masculine et de la misère sexuelle. Mais Grisélidis refuse la vision misérabiliste que les «bourgeois» et les «féministes jalouses et frustrées» ont des prostituées. Si la prostitution use le corps et l’âme, elle lui a donné un immense amour de la vie et des autres – elle connaît leur solitude, leurs échecs, leur besoin de tendresse.

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3 Réponses à “Anniversaire de la mort de Griselidis Réal”

  1. Chaminou Dit:

    Pedant ce temps là, je repense à toutes celles et tous ceux qui sont prostitué-e-s par force, manque de choix, d’argent… :o(((

    Une féministe (euh, frustrée par quoi ?)*

  2. President Dit:

    C’est bien d’y penser. J’espère que vous avez des solutions concrètes à proposer, c’est bien aussi.

  3. GLOUPS Dit:

    Le client ordinaire (les plus nombreux) espère en avoir le plus possible pour le moins cher possible : la prostituée se méfie du client et de ses “sympathies” politiques en faveur des prostituées.

    Le monde de la prostitution est tout aussi hiérarchisée que le reste de la société : il y a les prostituées haut de gamme qui sélectionnent (clients friqués et bien sapés) et les autres, qui ne peuvent pas sélectionner, exercent dans des conditions difficiles avec les clients bas de gamme.

    Grisélidis est un cas unique, fille artiste de parents bourgeois calvinistes, qui n’a jamais rompu avec sa religion d’origine mais a voulu se venger de ses parents et de son milieu en deveant prostituée.

    C’était une autre époque … aujourd’hui, beaucoup de parents bourgeois ne seraient pas du tout désolés que leur fille soit escort de la haute, si elle a l’esprit avisé du chef d’entreprise.

    Aujourd’hui, ne PAS devenir pute est une transgression.

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