A Bruxelles, quand les prostituées ne sont pas contentes, on les écoute et on en parle dans le journal. Quand la police commence à vouloir turlupiner les clients, c’ est “touche pas à mon client” ! Prostituées et clients de prostituées, même combat ! Un article interessant où on apprend entre autre que : dans ce quartier de prostitution, la dernière agression de jour remonte à 1986, que la police estime légitime d’ informer la famille du client de ses habitudes inavouables, que les prostituées ne veulent pas être surveillées en permanence par la police pendant qu’elles travaillent, surtout quand le but n’est pas de les protéger mais de verbaliser les clients, qu’elles peuvent beneficier d’un recours officiel auprès de la police. Tout ça n’est pas simple, on reproche le manque de civilité qui existe dans cette rue (voitures mals stationnées, capotes qui trainent, clients qui klaxonnent, etc.), alors la police met la pression. Après tout, il faut des rêgles qui respectent les prostituées, les clients et les riverains. Si les clients et les prostituées ne respectent pas assez les riverains, peut être ne faut il pas s’étonner que la police viennent mettre son grain de sel. Enfin, à l’ INP on fait confiance aux Belges, on parie que les riverains, les prostituées et la police trouveront des solutions dans un respect mutuel. Après tout, c’est d’abord aux prostituées d’imposer les rêgles de bonne conduite aux clients et entre elles vis à vis des riverains et des autorités, sinon ont le sait bien, c’est la police qui s’en charge… A moins que tout ça ne soit un prétexte pour virer les prostituées du centre ville, comme le suggèrent certaines… Wait and see.
Les prostituées grondent (25/05/2007)
En 4 jours, elles ont perdu 70 % des clients de la rue des Commerçants, effrayés par la présence d’une caméra
Premier bilan désastreux pour les prostituées quatre jours après le placement d’une caméra bien visible et orientable à 360 degrés à l’entrée de la rue des Commerçants dans le centre-ville de Bruxelles : les clients fuient. Le chiffre d’affaires de la prostitution est en chute libre. Les prostituées parlent d’un recul de clientèle supérieur à 70 %. Et ça ne va pas s’arrêter. D’autant que la police de Bruxelles n’en fait pas mystère : le dispositif permet déjà de verbaliser les automobilistes qui se risqueraient dans cette rue.
C’est un projet ancien (DH/Les Sports du 14 juillet 2001) que réalise enfin le commissaire en chef Roland Vanreusel. Il n’y a pas de raison que les prostituées soient seules inquiétées. Mais il est difficile de coincer le client sur les moeurs. Alors, la police utilise… le code de la route. L’automobiliste à la recherche d’une prostituée ralentit et gêne la circulation - vitesse inadaptée : article 10.2 -, klaxonne pour appeler la fille - usage abusif de l’avertisseur sonore, article 33.2 - et, s’agissant de la rue des Commerçants, traverse un quartier à circulation locale - article 5, disque C3. Trois bons motifs de verbaliser. Et la police locale ne s’en prive plus.
Et si ça ne fait jamais que 50 €, pour Christian Deconinck, commissaire et porte-parole : “Le procès-verbal est adressé au domicile de l’automobiliste qui pourra expliquer à madame ce qu’il faisait à 11 h du soir” dans une rue fréquentée par des femmes légères d’origine bulgare.
Le placement de la caméra a été médiatisé par un JT lundi soir. L’effet a été immédiat : depuis lors, c’est vaches maigres. Nathalie n’a pas fait un seul client mardi, mercredi, et même le retour du soleil, hier jeudi, n’y fait rien : toujours personne. Depuis la caméra, Josiane n’a reçu qu’un seul client. Même les vieux habitués désormais l’ignorent.
Un seul client en quatre jours
Bibi, la plus jeune, parle d’une catastrophe. Le temps de midi était propice aux employés de bureau. Depuis la caméra, tout le monde évite le chemin. Hier, quinze filles attendent désespérément que le premier se décide. Mais la peur de la caméra est la plus forte.
Souriez, vous êtes filmé ? Pas les filles en tout cas qui, de l’avis unanime, estiment avoir perdu en 4 jours les deux tiers de leur clientèle d’avant.
Même constat d’un ouvrier de voirie : les préservatifs usagés, qui jadis jonchaient les trottoirs, ont maintenant quasi disparu. Mais les filles de la rue des Commerçants, dont c’est le seul revenu, s’interrogent sur l’avenir et les fins de mois.
La police affirme que la caméra répond à une demande du quartier : elles n’en croient rien. Elles croient encore moins à l’argument de la sécurité selon lequel la raison d’être de la caméra serait de les protéger. Selon les anciennes, la dernière agression en journée dans le quartier remonte à 1986.
Déjà, elles prennent des habitudes. Depuis lundi, leur premier geste, en prenant possession du trottoir, est d’adresser un signe amical à l’opérateur du dispatching qu’elles devinent installé sur son fauteuil derrière ses écrans au quatrième étage du commissariat central de la rue du Marché au Charbon.
Des prostituées grondent. Les plus revendicatives parlent d’atteinte à la vie privée et de discrimination. D’autres rues comme la rue Van Gaver sont dépourvues de caméras : pourquoi elles et pas les autres. Elles étudient la possibilité d’un recours devant le comité P. “La vraie vérité, disent-elles, c’est que les caméras sont là pour nous tuer.”
Et, pour les achever, la rumeur annonce qu’un commissariat mobile sera installé place de l’Yser, derrière la baraque à frites, à deux pas. Elles espèrent encore que “ça se tassera” mais, persuadées que le client ne reviendra plus avant des semaines, elles songent à déménager.
Les plus anciennes tapinaient là depuis les années 1960.
src : La dernière heure
Tags: Belgique, Bruxelles, vidéosurveillance
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