La nouvelle bête noire des parlementaires Français : le massage sensuel.
Et les parlementaires ne chôment pas ; plus d’une dizaine de questions écrites ont été déposées à l’assemblée nationale au mois de mars sur le sujet, réclamant des mesures contre ces satanées masseuses sexy. Petit florilège :
Mme Martine Lignières-Cassou sollicite l’attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur le phénomène alarmant de la prostitution des étudiants dans des salons de massage. On constate le développement d’un inquiétant exercice illégal de la profession de masseur-kinésithérapeute avec la multiplication de salons de massage servant de couverture à la prostitution. Selon une récente enquête les étudiants seraient particulièrement concernés : près de 40 000 se livreraient à la prostitution pour financer leurs études, en particulier dans ces salons de massages particuliers où ces prostitués occasionnels peuvent se livrer à cette activité dans un total anonymat. Les étudiants en difficulté financière constituent une main-d’oeuvre de choix pour ces proxénètes d’un nouveau genre. En conséquence elle souhaite savoir quelles mesures il compte prendre pour enrayer ce phénomène.
Ou presque en copié-collé:
M. Bruno Gilles appelle l’attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur la mise en garde faite par le Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (SNMKR) concernant des dérives de l’exercice illégal de leur profession. En effet, des dérives sexuelles et des dérives sectaires, associées à certains salons de massage, ont été dénoncées par le SNMKR. À ces deux dangers s’ajoute celui des risques d’accident puisque seuls les masseurs-kinésithérapeutes sont habilités à évaluer au travers d’un bilan préalable les éventuelles contre-indications d’un massage, qu’il soit effectué dans le domaine thérapeutique ou dans celui du bien-être. Ainsi, si malgré ces précautions, un accident survient, les masseurs-kinésithérapeutes sont les seuls à être assurés. C’est pourquoi il lui demande s’il envisage de mettre en oeuvre les mesures nécessaires afin que la loi, imposant que tout massage soit exécuté par un masseur-kinésithérapeute diplômé d’État, soit strictement appliquée.
Serait-ce un complot ? Une quinzaine de Députés se sont amusés à poser les mêmes questions sur une période de 15 jours. Les uns s’émouvant sur les étudiantes qui arrondissent leur fin de mois, les autres sur le drame que cela représente pour les kinés déloyalement concurrencés, sans parler des risques sanitaire ! Mais que se passe t’ il ?
Cette fronde contre les salons de massage a deux origines.
La première vient du syndicat des masseurs kinesithérapeutes SNMKR qui réclame le monopole du massage pour les kinés. Il appuie son action de lobbying sur deux points : d’une part, les masseurs non-kinés peuvent mettre en danger leurs clients. D’autre part, les masseurs non-kinés sont, comme chacun le sait, des gourous de sectes ou des prostituées…
La deuxième origine de cette fronde vient du syndicat étudiant SUD qui a affirmé recement que 40 000 étudiants se prostituent pour payer leurs études. Ce chiffre, qui ne repose sur aucun constat solide ni enquête représentative, est une extrapolation réalisée sans fondement particulier à partir des données de l’observatoire de la vie étudiante qui estime à 225 000 les étudiants qui ont des difficultés à financer leurs études et à 45 000 le nombre de ceux qui vivent dans une situation de grande pauvreté. Comme chacun sait, quand on est dans une grande pauvreté on se prostitue, d’où ce chiffre… Et comme on ne voit pas ces étudiantes en train de tapiner, donc elles sont forcément cachées, donc elles exercent en salon de massage… CQFD.
L ‘ INP est consterné de voir que le thème de la prostitution sert de pretexte pour un syndicat professionnel d’obtenir un monopole, et sert aussi à un syndicat étudiant pour sa propagande en utilisant ce qu’il convient d’appeller une LEGENDE URBAINE.
L’ INP espère que les ministres à qui sont posé ces questions ne se laisseront pas duper par ces rumeurs des syndicats SNMKR et SUD, relayés devant la noble assemblée par des députés naïfs ou avides de publicité.
L’ INP en outre estime que le massage sensuel est une très belle activité de soin à la personne, valorisante et bien rémunérée, un secteur économique plein d’ avenir et un atout pour la santé public, en particulier pour lutter contre le stress et la déprime.
Tags: France, politique, salon de massage
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