Lors du débat sur à l’ Assemblée Nationale sur la Sécurité Intérieure en 2002, Nicolas Sarkozy s’est exprimé sur la prostitution.
Maintenant qu’il est Président de la République, il est interressant de revenir sur son intervention. Il évoque plusieurs arguments pour défendre un durcissement des lois. Premièrement, il dit que la prostitution fait courir un risque sanitaire (sida). Ensuite, il dit que la prostituée est toujours une victime des réseaux. Ensuite, il dit qu’il faut interdire le trottoir aux prostituées (car elles sont des victimes et dérangent aussi les riverains). Il justifie cette politique comme étant la seule alternative possible, ou alors c’est l’ouverture des “maisons closes”. Il dit que les étrangères qui dénoncent leur proxénète obtiendront un permis de séjour.
Mercredi 11 décembre 2002, audition devant l’ Assemblée nationale de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. Retranscription de l’intervention.
Abordant la question du développement de la prostitution,Nicolas Sarkozy a précisé qu’au Sénat, la discussion sur ce sujet avait duré plusieurs heures et avait révélé, s’il en était besoin, la difficulté de cette question, infiniment sensible. Il a estimé qu’il serait inacceptable de ne rien faire, à l’heure où les risques sanitaires d’épidémie de sida sont considérables, et jugé qu’il serait criminel de fermer les yeux sur le développement de la prostitution nourrie par des réseaux étrangers. Il a affirmé que la prostitution, de nos jours, était assimilable à une forme d’esclavagisme, puisqu’elle constituait une activité très lucrative pour le proxénète, alors que la ou le prostitué n’avait d’autre perspective que de rester sur le trottoir. Il a dénoncé, à ce titre, l’hypocrisie consistant, d’une part, à dénoncer le proxénétisme, et, d’autre part, à laisser les prostituées sur le trottoir, au mépris des craintes et du malaise des riverains des zones touchées par cette activité.
Il a constaté qu’il était très difficile d’expliquer concrètement la différence entre le racolage actif interdit et le racolage passif autorisé, jugeant la situation actuelle intenable, sauf à légaliser la prostitution, à autoriser le racolage actif ou à rouvrir les maisons closes, ce qu’il a récusé. Il a expliqué que, pour sortir de ces ambiguïtés, il apparaissait nécessaire d’interdire tout racolage, actif ou passif, de le transformer en délit et de réhabiliter le délit d’exhibition, précisant que l’objectif était de sanctionner les vrais coupables, c’est-à-dire les proxénètes. Il a insisté sur le fait que les prostituées en situation irrégulière qui dénonceraient leur proxénète pourraient se voir attribuer un titre de séjour, tandis que les effectifs des services de police spécialisés contre les filières de prostitution seraient doublés. Il a ajouté que l’éradication de l’esclavagisme des prostituées étrangères impliquait le retour systématique de la plupart d’entre elles dans leur pays d’origine, le travail avec les associations de réinsertion des prostituées et des organisations non gouvernementales devant être poursuivi et développé.
L’ INP constate que depuis des lois de sécurité intérieur, le milieu de la prostitution n’a jamais été aussi scabreux à Paris, ni été aussi opaque. L ‘INP estime que la clandestinité ne permet pas de détecter les cas de prostitution forcée et que la marginalisation qu’on impose aux prostituées ne permet pas de lutter contre la traite des femmes. L’ INP constate aussi que la prostitution a quitté les beaux quartiers (Porte Dauphine, Avenue Foch, Boulogne, etc.) pour être canalisée dans les quartiers populaires et les banlieues. L’ INP fait un constat d’échec sur la politique prostitutionnelle qui a été menée depuis 2002, et ne voit pas d’autres alternatives que la normalisation de la situation des prostituées, notament en autorisant l’ouverture de maisons de plaisir, de quartiers de charme, d’hotelerie spécialisée, en les autorisant à travailler dans les bars et boites qui les accèptent et surtout en offrant un statut professionnel digne aux prostituées. L’ INP espère que lors de ce quinquennat, Nicolas Sarkozy et son équipe sauront faire bouger les choses sans conformisme.
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