Des prostituées bruxelloises se plaignent des caméras Un gang de policiers véreux tombe près de Madrid
mai 19

Justice pour les prostituéesLa législation Française en matière de prostitution est le type même de législation ambigue ouvrant la porte à l’arbitraire.

 

Dans les textes, la prostitution ; légale ? En France, oui. On a le droit de se prostituer, on a le droit d’aller voir une prostituée. C’est le proxénétisme qui est interdit.

 

Dans la pratique, la situation est bien différente car tout est fait pour que la prostituée soit de facto dans l’illégalité. Elle n’a pas le droit de “racoler”, même “passivement”, elle ne peut pas louer un logement pour exercer, elle ne peut pas travailler ni dans un bar, ni dans une boite, ni dans un salon (ni nulle part), elle ne peut pas faire connaître ses activités par la publicité, elle ne peux pas faire appelle à des prestataires de services assurant sa sécurité, elle n’a pas le droit de s’associer avec d’autres prostituées pour répartir les frais, etc. Tout cela serait considéré comme du proxénétisme.

 

Conséquence numéro un: La prostituée est OBLIGEE de biaiser avec la loi. Elle ne sera jamais accusée de prostitution, mais de racolage, de fausse déclaration (si elle loue un logement pour exercer sans préciser exactement son activité), d’atteinte à la pudeur si elle exerce dans un bois ou une cage d’escalier, de proxénétisme si elle rend service à ses collègues (par exemple en pratiquant la collocation), elle mettra ses proches en danger (son compagnon peut être considéré comme proxenète), elle sera obligée d’employer des gens au noir si par exemple elle veut faire un site web ou se protéger (et ces gens là risquent d’être accusés de proxénétisme). La prostituée devient une sorte de sous-citoyenne en situation de vulnérabilité vis à vis de la loi car elle est de fait hors-la-loi.

 

Conséquence numéro deux : La prostituée se fait RACKETTER en permanence. Parce qu’elle trempe dans l’illégalité et fait tremper les autres dans l’illégalité, la prostituée paie tout au prix fort. Elle veut louer une chambre ? L’hôtelier qui prend ce risque veut sa part ; il fera triple tarif pour elle. Elle veut louer un studio ? Même principe, la chambre de bonne du quartier interlope sera louée au prix d’un trois pièce des beaux quartiers. Elle veut faire réaliser sa page web ? Ca sera triple tarif, et au noir. Elle veut qu’un costaud veille sur elle et ses amies ? Le costaud en question risque la prison, alors forcément, il demandera plus qu’un agent de sécurité classique. La prostituée devient une abonnée au triple tarif, poussée à frayer avec ceux qui osent braver les lois.

 

Conséquence numéro trois : La prostituée est la première victime de l’ ARBITRAIRE judiciaire. Les véritables règles qui régissent la prostitution d’aujourd’hui ne sont pas écrites. La police/justice “tolère” telle pratique pour telle prostituée mais par pour telle autre. L’égalité devant la loi ne s’applique pas à la prostitution. Tel salon de massage sensuel va avoir pignon sur rue, fera de la publicité sur internet, sera connu des services de police, tel autre, pratiquant la même activité de la même manière sera fermé et ses gérants envoyés en prison. Telle femme tapine depuis dix ans au même endroit sans problème, telle autre un peu plus loin sera emmenée au poste trois fois par semaine et mise à l’amende pour racolage. Tel hôtel de passes sera fermé tandis que celui d’à coté restera ouvert. Tel magazine fait de la publicité pour des escort-girl sans problème, tel autre sera mis à l’amende etc. Ou alors une pratique sur laquelle la police “ferme les yeux” va devenir un grave délis du jour au lendemain, sans qu’on sache trop pourquoi. Un bar qui tolère les prostituées exercera sans problème avec l’aval tacite du poste de police, jusqu’au jour où une descente envoie tout le monde au poste et les gérants en prison. Tel secteur du bois de Boulogne sera un lieu traditionnel de prostitution, mais régulièrement les fourgons embarquent les prostituées pour leur mettre des amendes, etc. La prostituée est la première à subir les inégalités juridico-judiciaire et l’arbitraire de la loi.

 

Ainsi, la législation française, censée protéger les prostituées, les met en fait dans une situation de vulnérabilité permanente. Elles sont entraînées malgré elle vers la délinquance, victime du racket et de l’arbitraire. L’ INP estime qu’il faut que cela cesse le plus rapidement possible, ces atteintes aux droits humains qui se passent sur le territoire français ne peuvent plus durer. Il est urgent de normaliser la situation des prostituées de France.

 

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