Voici ce que nous concoctait Ségolène Royal ; pénaliser les clients de prostituées. Après la culpabilisations des moeurs, le désir de repression. L’ INP espère qu’à l’avenir, le PS se ressaisira. Entre la droite qui pénalise le racollage même passif des prostituées, et la gauche qui veut condamner les clients de ces prostituées, l’ INP mesure l’étendu du combat qui est le sien, celui du respect, à la fois de la prostituées et de leurs clients, qui sont des citoyens à part entière. Nous ne le repeterons jamais assez ; ce n’est pas en poussant les prostituées et leurs clients vers l’illégalité qu’on règlera les problèmes liés à la prostitution !
Prostitution : le PS veut pénaliser les clients
Des députés ont présenté hier une proposition de loi reprenant le projet du parti pour 2007.
Par Jacqueline COIGNARD
QUOTIDIEN : Jeudi 6 juillet 2006 - 06:00
Les socialistes promettent de s’attaquer aux clients de prostitués. C’est écrit dans leur projet pour 2007, ratifié en convention nationale, le 22 juin dernier. Sur ce sujet jugé sulfureux dans tous les partis, les socialistes prévoient «la mise en cause de la responsabilité du client».Et quelques députés conduits par Christophe Caresche (Paris) et Danielle Bousquet (Côtes d’Armor) précisent leur pensée dans une proposition de loi présentée, hier, en présence de diverses associations féministes.
Retournant comme un gant la loi Sarkozy de mars 2003, les députés signataires proposent d’abroger l’infraction pour racolage passif (sans pour autant autoriser le racolage actif), et de la remplacer par une autre visant le client. Le délinquant risquerait l’amende infligée actuellement pour racolage passif (3 750 euros). Rappelons qu’une loi votée par la gauche, en mars 2002, pénalise déjà les clients de prostitués mineurs : ils risquent jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.
Soutiens.Avec une législation évoluant dans ce sens, la France rejoindrait le clan des «abolitionnistes» mené par la Suède, se démarquant des pays qui ont légalisé la prostitution et considèrent cette activité comme un métier : Chypre, l’Autriche, les Pays-Bas et l’Allemagne. C’est la construction d’un grand centre de prostitution à Berlin, à l’occasion de la Coupe du monde de football qui a relancé le débat. «Non à la coupe de la honte»,une pétition lancée par Malka Marcovich, directrice pour l’Europe de la Coalition contre la traite des femmes, a recueilli 130 000 signatures venant de 125 pays. A cette occasion, les abolitionnistes françaises se sont découvert des soutiens dans les cinq principales formations politiques.
Pourtant, leur cause est loin d’être entendue. «Ce sujet n’est pas du tout consensuel au sein du parti»,admet Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS pour le droit des femmes ( Libérationdu 20 juin 2006). «Le fait que cette idée de responsabiliser le client soit inscrite dans le projet politique d’un parti de gouvernement constitue un énorme pas en avant.»Mais elle est passée, presque en catimini, à 1 h 30 du matin, au milieu d’un lot de mesures contre la discrimination des femmes, raconte-t-elle.
Marché. «C’est une formidable avancée. Et la proposition de loi représente un acte symbolique qui vient renforcer la volonté de faire évoluer les mentalités»,se réjouit Yvette Roudy, présidente de l’Assemblée des femmes. «Mais il faudra des ministres très volontaristes et qui n’ont pas peur pour aller plus loin pour contrer le lobby du sexe»,estime-t-elle. Dans la ligne de mire des abolitionnistes : l’association «les Putes», très active au Parlement européen, pour un marché qui représente des milliards d’euros. Selon Yvette Roudy, la légalisation de la prostitution est «une victoire des mafias très puissantes en Europe du fait de la faiblesse des Etats de l’Est».
Riposte. «Quand on légalise, la prostitution explose et agit comme une grande lessiveuse pour blanchir les trafics d’armes et de drogues»,fait valoir Danielle Bousquet.
«On veut nous faire passer pour des mères-la-morale, mais la prostitution libre c’est un fantasme»,s’indigne Laurence Rossignol, anticipant la riposte des «libertaires»qui militent pour la reconnaissance d’un statut de travailleuse du sexe.
src : La position des socialistes sur la prostitution dans Libération

